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Carolane et Josiane vous expliquent pourquoi ça ne va pas bien en mode au Québec.
Ce que Carolane en pense :

J’ai trouvé la meilleure métaphore pour expliquer le problème de la mode québécoise : l’industrie de la mode québécoise, c’est comme les sacs en plastique dans les épiceries. On a eu beau essayer de contrer le problème pendant 10 ans, on réalise tout juste qu’on a mené la mauvaise bataille. Il y a tout autant (sinon plus) de gaspillage avant que les aliments arrivent dans nos beaux sacs réutilisables (d'après un bon docu sur Tou.tv, mais je ne le trouve plus).

C’est la même chose avec l’industrie de la mode : ça fait des années qu’on veut faire la promotion de l’industrie de la mode d'ici. Alors, on met l’argent dans la diffusion tout en évitant le vrai gros problème (à lire cet article du Devoir et celui-ci du HuffPost).

  • Sérieusement, pourquoi l’industrie va mal? Parce que les gens n’achètent plus québécois. Et pourquoi les gens n’achètent plus? Parce que c'est trop cher et pas d'assez bonne qualité. Mais pourquoi? La réponse est simple, c’est à cause du processus de production. Oui oui, c’est peu glamour.
  • Plus personne ne veut travailler à faire les vêtements. Le manque de main d’œuvre est criante, certaines entreprises vont jusqu’à chercher des couturières à l’autre bout du monde pour combler les postes disponibles.
  • Les gens de l’industrie ne s'aident pas. Les designers gardent secret mordicus leurs fournisseurs, car autrement, ça mettrait en péril leur production l'année suivante.
  • Les petits lots de vêtements coûtent plus cher à confectionner et les compagnies de production ne sont pas capables d’amortir leurs coûts fixes.

Et voilà! Je suis contente que l’industrie se réveille enfin et j'espère qu'elle mettra son énergie à régler les vrais problèmes qui gangrènent le secteur.

 

Ce que Josiane en pense :

J’ai longtemps boudé la SMM, parce que j’y ai été habilleuse et que je me suis tannée de ce milieu-là. Me déguiser pour hang out dans un endroit trop crowdé, c’est pas mon genre. Et non, je ne m’habille pas pour me faire prendre en photo (cette année, j'explique ma seule apparition dans un street styling par le fait que je suis enceinte)!

Il faut comprendre (mettez-vous ça dans la tête, tout le monde) qu’on est à Montréal. Être à Montréal, c’est accepter le fait qu’on est un marché plus petit, qu’on n’est pas à l’avant-garde de la mode et que les consommateurs ne le sont pas non plus.

C’est correct de ne pas être à l’avant-garde. Notre marché est plus classique, le portefeuille des Québécois est moins garni que celui des Américains et la culture n’est pas la même non plus. 

La plupart des semaines de mode sont devenues une occasion de faire parler de soi plutôt que de vendre à des acheteurs. On appelle ça un changement de paradigme, de cap. Les gens qui parleront des collections (les blogueurs, les journalistes) ne sont pas ceux qui achèteront directement chez les créateurs. C’est difficile de justifier une dépense qui coûte plus cher que son loyer pour un bout de linge! 

Est-ce que la SMM est la meilleure façon de promouvoir la mode québécoise? Peut-être que non, en fait. Il y a assurément d’autres façons moins coûteuses pour avoir de la promotion dans les médias. Toutefois, la SMM permet de faire des découvertes : suffit d'ouvrir ses horizons un peu.

La SMM ne pourra jamais redevenir ce qu’elle était avant, parce que le monde change. C’est tout! Même si la programmation n'était pas optimale, tout le pacing s'est amélioré. C'est déjà ça!

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