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« Es-tu lesbienne? » Une histoire de cheveux courts et de préjugés.

Crédit photo : Camille Perreault
« Es-tu lesbienne? » Une histoire de cheveux courts et de préjugés.
Je veux vous parler de quelque chose qui devrait être futile, mais qui ne semble pas l’être. Je veux vous parler de mes cheveux courts. Ou tout simplement du fait d’être une fille et d'avoir les cheveux courts.

Les cheveux — en fait, toute la routine beauté — et moi, ça fait deux. Si ça me prend plus que 3 minutes me coiffer le matin et que je dois utiliser plus que zéro produit coiffant, ça m’énerve. Je déteste avoir les cheveux dans le visage et avoir chaud à la tête. Et j’ai chaud facilement.

Ma solution à ça : avoir les cheveux mi-longs pas mal toute ma vie. J’ai tenté la longue tignasse une couple de fois, mais ce n’est pas pour moi et ça me fait une face de poodle. Oh, well.

Au cégep, lorsque je venais de fêter mes 18 ans, je me suis fait faire une pixie cut. Je tripais ben sur Audrey Hepburn et je voulais avoir une coupe différente de celle de toutes les autres filles de mon âge. Ah oui, j’aime ça, être différente.

La première chose que mon meilleur ami de l’époque m’a dit, c’était : « T’es-tu rendue lesbienne? ».

Je trouvais ça vraiment cave parce qu’il savait que non, mais surtout parce que je ne voyais pas le rapport. Reste que ça m'a stressée; j’avais peur de me faire juger.

Crédit : Camille Perreault
Mélancolique young Camille et trop de filtres Photobooth.

Fait que j’ai fait des efforts pour m’habiller de façon plus féminine et me maquiller. Parce que t’sais, une femme, ça doit toujours être féminine, délicate, cute

Blame it sur avoir 18 ans, mais ça me stressait que les gens puissent se méprendre sur mon orientation sexuelle.

Avançons 7 ans plus tard. Depuis le temps, mon style s’est raffiné (lol, ou pas) et est plus androgyne. En fait, mon style est beaucoup plus axé sur l’aspect utilitaire. Je m’habille pour être à l'aise d’abord et ensuite pour me plaire

Crédit : bikewitch/Instagram
Compilation de quelques #OOTD des 3 dernières années. Mais consultez mon Instagram pour plus de looks très semi-féminins.

 
Oui, je porte encore beaucoup de robes et de jupes, mais, sur moi, ça ne fait pas si féminin que ça. La forme de mon corps, les agencements que je fais, les coupes que je préfère et les couleurs que je choisis ne font simplement pas girly. Et c’est bien correct comme ça. 

Je ne crois pas que je dégage quelque chose de particulièrement féminin non plus. C’est peut-être à cause de mon attitude, de mes tatouages ou de mon anneau au septum. C’est peut-être dû au fait que je suis tout le temps un peu sale. T’sais, j'ai jeté l'éponge après 4 ans d'arts plastiques à faire de la céramique et de la soudure. Surtout que, maintenant, je passe mes journées dans un magasin de vélo. Comme un client au magasin m’a déjà dit : « T’as des mains de gars », parce qu’elles étaient pleines de taches de graisse.

Mais encore là, c’est basé sur des préjugés.

Pis, estifuck, j’ai pensé à tout ça avant de me refaire couper les cheveux très courts il y a un peu plus d’un mois.

Crédit : capture d'écran de mon Pinterest et de mon bureau avec des fenêtres d'aperçu ouvertes.
 
Est-ce que ça allait me déranger que le regard des inconnus change? Est-ce que j’allais ressentir le besoin de compenser pour être plus féminine? Est-ce que les gars allaient encore me trouver attirante si j’avais l’air plus androgyne? Est-ce que j’allais encore me trouver belle?

Non, non, oui et oui.

Oui, ça arrive que des gens pensent que je suis lesbienne, mais ça arrivait aussi avant. Et ça ne me fait pas un pli.

Ce n’est pas le business des autres avec qui je préfère coucher. En fait, l’orientation et les préférences sexuelles d’une personne, ça ne regarde qu’elle et son/sa/ses partenaires. Point final.

Est-ce qu'on peut laisser faire les préjugés, s'il vous plaît?
 
Crédit : bikewitch/Instagram
Cheveux courts et casquettes, all day er'day.
 
Pendant ce temps-là, je vais continuer d’avoir l’air d’un p’tit gars la moitié du temps et de vraiment bien vivre avec ça. Et je ne vais surtout pas m’empêcher d’être une femme épanouie qui aime les garçons et qui se crisse ben de ce que les gens pensent.

Parce que t’sais, fuck tous les standards.