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La fois (de trop) où Andréanne s'est fait offrir une place dans le métro.

Crédit photo : Derek Erdman
La fois (de trop) où Andréanne s'est fait offrir une place dans le métro.
Ce matin, c’était un bon matin. Mon chum m’a fait un café avec de la moumousse dessus. Ma peau était particulièrement bien hydratée (grâce à ÇA et à ÇA.). J’ai étrenné ma nouvelle jupe Banana Republic qui fait swiiiish quand je marche. J’ai même fait ma folle en me teintant la babine avec mon encre à lèvres Baby Doll des grands jours. 
 
Ça allait tellement bien que j’ai presque fait un high PIS un low five à la sémillante señora qui distribue le journal Métro tous les matins à la station Jean-Talon. 
 
JUSQU'À CE QUE. 
 
Pendant que je feuilletais ledit journal debout dans ledit métro, une dame dans la quarantaine m’a gentiment offert sa place. 
 
Au même moment où je lui répondais « Non, merci » avec un sourire poli, mon cerveau a compris que si elle m’offrait son siège, c’était parce qu’elle pensait que j’étais enceinte. Preggo. Avec un polichinelle dans le tiroir. Une brioche au four. Bref, elle pensait que j’étais en cloque. Ce qui n’est manifestement pas le cas (sorry, mommy!). 
 
Petit aparté : comme je l’ai déjà dit ICI et , ce n’est pas la première fois que ça m’arrive. C’était particulièrement fréquent dans le temps où j’affectionnais les robes à taille empire. Puis les robes longues et amples. Puis les pierogi. Puis la fondue au fromage. Mais une jupe cintrée à la taille alors que je n’avais même pas consommé la moindre miette de croissant pur beurre au déjeuner? Cheap shot, madame. Cheap shot.
 
Bref, pendant que mon swag du matin descendait à Laurier et que moi, je continuais vers Berri de Montigny-UQAM avec le nez bien bas dans mon journal, je me suis dit dans ma tête des mots pas très gentils. Puis je me suis arrêtée et j’ai pris le temps de réfléchir à tout ça.
 
Se faire dire qu’on est en gestation alors qu’on ne l’est pas, ça fait mal à l’orgueil, c'est certain. En même temps, l’intention derrière est tout à fait louable et mérite d’être encouragée.
 
La prochaine fois, je risque donc de faire comme Josiane, et d’accepter l'offre avec un grand sourire. De me mettre la panse bien en évidence et de m’asseoir sur mes deux fesses en me plaignant de ma rétention d'eau et de mon mal de dos. D’inventer des noms de bébé farfelus (« Il s’appellera Pacane ») pour faire réagir la madame. Et why not, de lui demander si elle a des remèdes de grand-mère pour résorber le slack de noune plus rapidement. 
 
Qui sait, je pourrais peut-être même repartir avec un numéro de téléphone pour une future gardienne! Quoi?! C’est une bonne personne : elle offre sa place dans le métro aux femmes enceintes! 
 
Le plus ironique dans tout ça, c’est qu’à quelques pas de moi, une jeune femme avec une bedaine digne du festival des montgolfières avait l’air de bœuf le plus justifié du monde. À elle, personne ne lui avait offert de siège.
 
Est-ce que ça vous est déjà arrivé de vous faire demander si vous étiez enceintes alors que vous ne l'étiez pas? Ou, au contraire, est-ce vous qui vous êtes mis les pieds dans les plats?