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Avoir 25 ans : anticiper le pire et finalement s’en crisser beaucoup.

Crédit photo : Camille Perreault
Avoir 25 ans : anticiper le pire et finalement s’en crisser beaucoup.
Aujourd’hui, c’est ma fête. J’ai 25 ans. 25 ans et une couple d’heures. Ma mère m'a expulsée par une fin d’après-midi en 1990. 

L’an dernier, à pareille date, je me disais qu’avoir 25 ans allait être la fin du monde. 25 ans, c’est vieux. Tu dois savoir où tu t’en vas, avoir de vrais plans, du concret. À l'époque où j'étais mariée, 25 ans, c’était pas mal l’âge où je prévoyais concevoir mon premier bébé.

(J'en ris encore.)

Bref, j’anticipais mon vingt-cinquième anniversaire avec un frisson d’horreur.

Mise en contexte : à l'aube de mes 24 ans, je n'avais plus de mari depuis un bon bout, mais j’avais une relation fragile dans laquelle j’avais peur de fonder trop d’espoir (et avec raison). J’avais un baccalauréat en arts plastiques en poche, mais aucune idée quoi faire avec. Mon « plan de vie », que j’avais élaboré avec soin, avait pris le bord en estie.

Toutefois, à ce moment-là, j’étais enfin bien. 

Mon anxiété était maîtrisée et j’avais plein de nouveaux projets en tête. Mes finances, quoique source d’angoisse, n’étaient — et ne sont — pas dans le rouge, selon ma conseillère financière.

Fait qu’au fil des douze derniers mois, avec tout ça en tête, j’ai réalisé que je m’en câlissais donc d’avoir 25 ans.

Je possédais déjà tout ce qui me tenait à cœur, à quelques détails près. 

Aujourd’hui, en ce 16 septembre 2015, ça va encore bien. Même que ça va mieux. Signe que les décisions prises au cours de la dernière année ont fini par m’aligner sur un chemin pas mal le fun.

Ce n’est pas mon « plan de vie », mais c’est ma vie et c’est mieux comme ça. Je suis contente d'avoir perdu cette petite angoisse gossante qui me disait que je n’étais pas une « adulte acceptable ».

C’est pour ça que je vous en parle aujourd’hui. Je ne voulais rien faire pour souligner ma fête, mais cette pression de « bien performer » qui est source de stress pour pas mal de jeunes adultes m’y oblige. 

M’y oblige dans le sens que c’était important pour moi de vous dire, encore une fois, que ça va aller. Que c’est correct de ne pas être parfait, de ne pas avoir la job que vous aviez prévu avoir, de ne pas avoir de sous pour une mise de fonds pour un condo, de ne pas avoir de bébé, de ne pas avoir fini vos études, de ne pas avoir fait le tour du monde, de ne pas être l’humain que vous rêviez être à seize ou à dix-huit ans. Parce que de toute façon, on a souvent tort à cet âge-là. Une chance.

Parce que ce qui compte, c’est votre santé mentale pis votre bonheur. Déjà, si vous avez ça, le reste devrait suivre.

Je vous le dis.

Bonne fête, moé.