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Anxiété : la médication, ce sujet délicat.

Crédit photo : Corbis
Anxiété : la médication, ce sujet délicat.
Ça fait deux semaines que je cogite l’idée d’écrire un article sur les antidépresseurs. Mais, comme toujours, la peur freine mon élan et je finis par douter de moi. Est-ce pertinent? Est-ce que ça va créer un débat? Est-ce que je suis assez forte pour vivre ça? Malgré cette peur constante, cadeau empoisonné de l’anxiété, je persévère tout de même et signe un article sur la médication. #YouGoGirl

Crédit : Giphy

Faut dire que la médication, c’est le sujet le plus délicat en matière de santé mentale, à mon avis, puisque chaque personne a ses limites et que chaque cas est différent.

Avant de me lancer dans le vif du sujet, je tiens à préciser que chacun de mes textes est écrit selon mon expérience. Il n’est pas du tout dans mon intention de blesser qui que ce soit. Je ne suis pas non plus votre médecin; avant d'apporter tout changement à votre médication (si médication il y a), parlez-lui.

Moi à moi : « Allez Stéph, n’aie pas peur, tu as le droit à ton opinion, comme tout le monde. »

Donc. J’ai pris des antidépresseurs pendant un an. Des Effexor. À l’époque, je savais que je vivais avec un trouble d’anxiété généralisée, mais je me sentais en mesure de le gérer. Jusqu’au jour où j’ai ressenti le besoin de me médicamenter. Où j’ai ressenti que c’en était trop. Que ma tête n’arrivait plus à se sortir de l’eau et que les scénarios catastrophes m'envahissaient et m'étouffaient.


Crédit : Nan Lawson/Etsy

Je me souviens d’avoir regardé la première grosse pilule rose pendant un bon quinze minutes avant de me décider à la prendre. J’avais honte. Je pensais que j’avais échoué. Qu’est-ce qui m’a poussé à la prendre? Je ne sais pas. Le goût de vivre, sûrement? Je n'avais pas échoué. Au contraire, j'avais le courage de prendre soin de moi et d'écouter mes besoins.

Un an plus tard, je me sentais mieux. J’ai décidé d’arrêter la médication graduellement, à l’aide de mon médecin et d’une homéopathe. J’ai eu des effets secondaires : maux de ventre, nausées, maux de tête. Ça a pris du temps avant que les médicaments quittent mon métabolisme.

Aujourd’hui, je vis sans la médication. Je veux essayer. Peut-être que ça ne fonctionnera pas. Et c’est ben correct. Si demain matin, je me lève et je n'en peux plus, je vais revoir mon médecin et je reprends la médication. Pour l’instant, mon état est stable et je me sens en mesure de poursuivre.

Je n’écris pas du tout ce texte pour dire qu’il est préférable de se médicamenter ou de ne pas le faire. Je ne dis pas qu’il faut arrêter non plus. Je ne fais que faire part de mon expérience. Je vous démontre qu’il n’y a pas qu’une seule avenue avec la médication. Bref, je vous invite à vous écouter. C’est votre vie, votre santé mentale. C’est vous qui prenez les décisions, pour vous, et ce, avec l’aide d’un professionnel de la santé. Personne n’a le droit de vous juger, à mon avis.

Et surtout, n’ayez pas honte de la décision que vous avez prise et respectez celle des autres.

Conseil d’une fille qui a suivi trois thérapies dans sa vie, n’hésitez pas à aller consulter un psychologue. Ça a été le plus beau cadeau que je me suis offert. J'y retourne n'importe quand!