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J’aurais préféré qu’il me frappe – Partie 2
Crédit: Tante Tati/Pixabay

La semaine dernière, je vous ai raconté comment mon premier amour s’est avéré un cauchemar et je vous ai laissées sur l’écrasant sentiment de culpabilité qui m’étouffait. À l’époque, j’étais incapable de nommer ce qui m’habitait : l’impuissance, la crainte, l’appréhension, la douleur. J’étais malheureuse et sincèrement convaincue que j’en étais la seule responsable : j’étais une mauvaise blonde et cela me rendait dépressive, ce qui faisait de moi une pire blonde et ainsi de suite.
 
L’inquiétude de mes parents était palpable. Ils me sentaient misérable, me voyaient pleurer. Se doutaient-ils de l’ampleur de la situation? Je crois que non. La violence de mon ex était insidieuse et j’en doutais constamment. Je n’en parlais pratiquement pas. Qui me croirait? Lui-même me répétait que j’interprétais ses propos n’importe comment, que tout ça c’était dans ma tête. Je n’avais aucune preuve.
 
À défaut de pouvoir m’aider autrement, une amie a décidé de me faire sortir davantage pour me changer les idées. Un soir de mars, je me suis retrouvée chez son copain : nous allions souper tous les trois, puis assister à un spectacle dans un bar. Enfin, tous les quatre. Un ami de longue date de son copain était là aussi. Je me rappelle avoir été étourdie par le sentiment de liberté que j’ai ressenti ce soir-là. Simplement en étant moi-même.
 
Le scénario s’est répété à quelques reprises  jusqu’en  juin où un roadtrip était prévu. Le mélange d’excitation et de culpabilité que je ressentais m’a déstabilisée. J’en ai discuté avec ma psy pour comprendre que j’avais hâte de revoir l’ami rencontré en mars. C’est après m’avoir écoutée expliquer à quel point j’étais une copine épouvantable de songer à un autre qu’elle a prononcé ces mots pour la première fois : violence psychologique. Des mots fracassants dont je n’ai pas tout de suite saisi la portée. Même lorsque mon amie me les a répétés.
 
J’avais capté l’essentiel pourtant : je n’étais pas bien. Je l’ai dit à mon ex et j’ai décidé de prendre une décision après le roadtrip. Le choix s’est imposé de lui-même. Pendant trois jours, je me suis sentie libre, légère, heureuse. Sur le trajet du retour, j’ai été bombardée d’appels et de messages de plus en plus agressifs de la part de mon ex. Enfin, j’ai eu le courage de dire : « C’est fini.»
 
Aujourd’hui,  quatre ans plus tard, je vis avec mon amoureux. Vous l’aurez peut-être deviné : il s’agit de l’ami rencontré en mars 2012. Notre relation n’est pas toujours simple. La violence laisse des séquelles invisibles qui remontent parfois à la surface. Mon amoureux accueille tranquillement mes réactions démesurées et mes cauchemars. Il me serre contre lui jusqu’à ce que ma respiration reprenne son rythme normal. Il m’a fallu beaucoup de temps pour comprendre que je n’étais pas un problème ni un fardeau. Que le comportement de mon ex n’était pas la norme. Que si la toilette bloque, ce n’est PAS normal de blâmer sa copine et de lui faire faire le tour des appartements pour demander d’emprunter un siphon aux voisins. Que si sa copine se crispe, pleure ou semble le moindrement inconfortable durant le sexe, ce n’est PAS normal de continuer.
 
Depuis quatre ans, je découvre qu’une relation  saine se construit sur la confiance et le respect. J’apprends tranquillement à patcher mes fissures. À m’aimer et à me laisser aimer. Et même si mon ex essaie encore et encore de m’atteindre par des demandes d’amitié sur Facebook, des messages et des textos à deux heures du matin, je l’ignore.
 
Si vous avez vécu ou vivez présentement une situation semblable, accrochez-vous. Et rappelez-vous ceci : vous n’êtes pas seule, vous êtes importante et surtout, JE VOUS CROIS. 

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