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Est-ce que j'ai trop de diplômes?

Crédit photo : Redd Angelo/StockSnap
Est-ce que j'ai trop de diplômes?
Septembre est arrivé et beaucoup d'entre vous retournent (avec plaisir ou angoisse) sur les bancs d'école. Quand je dis beaucoup, je parle de plus de 170 000 personnes et, ça, c'est seulement dans la grande région métropolitaine! Bonne chance si vous voulez trouver un café tranquille pour lire votre journal.

Face à ce phénomène, la question qui brûle les lèvres de plusieurs, qu'ils soient journalistes, démagogues, ou matantes voulant piquer une jasette autour du punch, est unanime : « Kessé qu'y vont faire avec toutes ces diplômes-là? ».

Devrait-on se contenter d'un secondaire cinq?
Question légitime, considérant que nous connaissons tous un doctorant en musique qui travaille dans un centre d'appel, une linguiste qui est caissière chez Starbucks ou un historien s'étant recyclé dans le design de sites Web.

Je me suis longtemps demandé, ayant moi-même étudié dans un domaine que beaucoup considèrent comme du « pelletage de nuages », si je n'étais pas en train de perdre mon temps avec une éducation qui ne servirait finalement à rien dans « la vraie vie » et, aujourd'hui, j'ai envie de vous partager ma réponse (roulement de tambour).
 
NON! L'éducation n'est PAS un mauvais investissement.
 
Snoop saying No
Crédit : Giphy
 
Et, ça, c'est vrai même pour ceux qui choisissent les arts et lettres plutôt qu’un parcours en ingénierie ou en finances.

Le véritable enjeu
Le vrai problème est ailleurs. Alors que l'éducation supérieure se démocratise, l'insertion professionnelle, elle, reste difficile et peu encadrée.

En effet, les nouvelles générations ne sont pas formées pour savoir quoi faire lorsqu’elles entrent sur le marché du travail (j’en ai glissé un mot ici). À part les quelques formations dans les écoles de commerce ou les MBA, on se retrouve souvent à sortir de l’école sans expérience pertinente et avec une idée assez théorique de ce que l’on peut (et l’on veut) faire. On essaie donc un autre diplôme, puis un certificat, puis une autre formation…

Résultat : les entreprises se retrouvent submergées par des applications de jeunes gens sans expérience et « super qualifiés », en théorie seulement. C’est normal qu’elles hésitent à donner un emploi junior à un docteur en droit.
 

Crédit : claudegirouxmustache/imgur

Place aux créatifs
Avec le temps, plus les québécois auront des diplômes, plus les critères d’emploi se sophistiqueront pour s’arrimer à l’offre. Cependant, au lieu de le voir comme un problème, pourquoi ne pas le voir comme l'occasion d’ouvrir la voie à plus d’interdisciplinarité, à plus d’ouverture d’esprit.

Certaines entreprises font déjà la transition, surtout aux États-Unis, vers un style managérial plus ouvert et qui tente d’intégrer davantage les parcours « non traditionnels » au sein de leur équipe. Alors que la compétition s’intensifie au sein des entreprises, la créativité et l’interdisciplinarités deviennent des avantages concurrentiels très recherchés.

La clé pour ne jamais tomber dans la catégorie des surdiplômés est donc d’apprendre à se présenter et à promouvoir sa formation, son histoire personnelle. En bref, être créatif, même lorsqu’il s’agit de communiquer ce que l’on a à offrir.

Bien plus qu'un diplôme
Apprendre à vulgariser des propos complexes, former une pensée originale, développer une éthique de travail, organiser son temps, travailler avec des échéances serrées, améliorer sa culture générale... tous ces acquis que nous apprenons à l'université resteront ancrés au fond de nous-mêmes pour le reste de notre vie. Et, ça, c'est sans compter la persévérance et l'investissement de soi que demande l'obtention d'un diplôme, deux qualités qui vont de pair avec la réussite professionnelle.

Donc, au lieu de mentir sur votre CV pour obtenir un emploi quelconque, arrimez-vous d’arguments solides pour défendre votre éducation, enlevez vos lunettes roses sur la situation et construisez-vous une stratégie de branding personnel réfléchie. En utilisant vos forces, votre créativité et votre intelligence, vous saurez désormais quoi répondre à matante au sujet de votre diplôme.

Sur ce, bonne rentrée!