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Les femmes et la restauration : quand certains gérants en demandent trop
Crédit: Gorosi/Shutterstock

L'idée m'est venue quand j'ai annoncé à ma sœur et à ma mère que j'aimerais me prendre un deuxième emploi pour travailler à temps partiel comme serveuse. En bonne étudiante fauchée, je me suis dit qu'avec le tip, ce serait payant, you know. En nommant quelques restaurants où je pensais appliquer, elles me disent : « Pourquoi t'irais travailler là? Les filles s'habillent super sexy et c'est vraiment pas ton genre! ».

Je n'avais pas pensé à ça, mais c'est plutôt vrai. Ça m'avait particulièrement consternée l'hiver dernier alors que, dans un bar pour un événement spécial, les filles, habillées en robe moulante, décolletée et ultracourte, semblaient particulièrement inconfortables. Quand je raconte cela à mon entourage, on me répond quelque chose qui me fâche au plus au point : « Elle savait dans quoi elle s'embarquait en allant travailler dans ce bar! C'est comme ça dans ce milieu-là et ça ne changera pas. » Ah oui, et pourquoi ça?

De prime abord, on semble avoir deux options : on se conforme en faisant abstraction de nos valeurs ou on fait une croix sur l'idée d'un emploi en restauration (dans certains bars). J'en entends déjà quelques-uns dire que, de toute façon, certaines filles sont à l'aise de s'habiller sexy et qu'elles aiment ça. Ben oui, ça se peut. Dans la vie de tous les jours, j'en porte, moi aussi, des robes mi-cuisses. Mais est-ce que ça permet à mon boss de commenter mes jambes et de me demander de la raccourcir? Non. Ça m'arrive aussi de porter des décolletés. Est-ce que ça donne le droit aux clients de passer des commentaires sur la taille de ma poitrine? Clairement pas, mais il faut croire que les gens pensent que oui, parce que « c'est comme ça dans ce milieu-là et ça ne changera pas ». 
 
Si ça passe par les vêtements, ça passe aussi par les accessoires. Dans certains établissements, il est interdit d'enlever les souliers à talons hauts, même si ça t'arrache les ongles d'orteils (car, oui, cette anecdote provient d'un fait vécu). Et encore, on n'a pas parlé des commentaires et autres demandes concernant l'apparence, la coiffure, le maquillage, name it

 Au final, le problème n’est pas d’être sexy, c’est de ne pas avoir d’autre choix que de l’être. C’est ça qui est inacceptable. Nous devrions avoir le choix de vouloir mettre des talons hauts ou de préférer être à plat. 

Ce qui empêche le changement, entre autres, c'est que les employés ne savent pas que leur patron n'a pas le droit de leur imposer de telles contraintes. La dignité et l'intégrité de la personne passent avant ce droit de gérance de l'employeur. En d'autres mots, vous pourriez refuser et il n'aurait pas le droit de vous mettre à la porte. 

Avez-vous déjà été confrontée à cette situation en tant que serveuse? 

 

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