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Perdre ses êtres chers, cette peur insurmontable

Crédit photo : eljackson/Instagram
Perdre ses êtres chers, cette peur insurmontable
Depuis que je suis petite, j’ai peur de ne plus revoir les gens que j'aime. Je ne peux m’empêcher de penser à « et si c’était la dernière fois? ». Mon père a toujours voyagé énormément pour le travail et chaque fois qu’il quittait, même si c’était dans le milieu de la nuit, je devais absolument lui dire au revoir et lui sourire. Pour qu’il ait un bon souvenir de moi, t'sais.

Depuis que je suis petite, j’ai peur que la mort arrive subitement. Maintenant que j’ai rencontré la personne avec laquelle je veux passer le reste de ma vie et pour laquelle j’éprouve un amour dont je ne pensais même pas être capable, j’ai la crisse de chienne. Il ne peut jamais partir sans que je lui dise « Sois prudent ». Ce n'est pas comme si mon amoureux était un conducteur de camions sur glace dans le Grand Nord. Nenon, c'est un ingénieur qui fait une job de bureau, qui conduit son auto tous le jours et qui n’a jamais eu d’accident. C’est comme si la fois où je ne lui dirai pas d’être prudent, quelque chose allait arriver. 

Depuis que je suis petite, j’ai peur que le gens autour de moi meurent dans leur sommeil. Pourtant, ce n’est pas comme si ça arrivait tous les jours que des gens en parfaite santé sleep it off. J’ai mis une chose au clair avec mon copain, nous nous couchons jamais fâchés. Et les derniers mots doivent être « Bonne nuit, je t’aime ».

Depuis que je suis petite, j’ai peur de laisser un mauvais souvenir aux gens autour de moi. J’obsède avec la notion du « last words we said ». J’ai été élevée par ma mère et mon beau-père. Par contre, en Finlande, j’ai un père biologique. Il n’est pas moins mon père, mais disons qu'il ne m’a pas vue grandir. Sa relation avec l’alcool est, comment dire, très tumultueuse, mais son cœur est bon et rempli d’amour. Cette combinaison crée beaucoup de moments de déception dans la vie d’une petite fille. Je me souviens encore parfaitement du moment où j’ai fait pleurer mon père en lui disant que je ne l’aimais plus parce qu’il buvait trop. J’avais 10 ans. Je peux encore voir les bouleaux défiler dans la fenêtre de la voiture qui roulait sur une route de terre. Il y n'a pas longtemps, j’ai failli le perdre suite à une crise d’épilepsie et le coma qui s'en est suivi, et je ne pouvais rien faire d’autre que penser à ce moment. Aux crisse de « last words we said », même si ce n’était pas les derniers. À ces mots que je regrette avoir dit il y a plus de 15 ans. Est-ce qu’il pensait à ça au moment où il croyait mourir? 

J’ai peur de passer ma vie à avoir peur de perdre les gens que j’aime le plus. J’ai peur de mourir d’inquiétude pour mes (futurs) enfants. J’ai peur que la peur m’empêche de profiter pleinement de la vie.

Avez vous peur de perdre ce qui est bon autour de vous?