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31 jours sans viande : petit bilan d'un mois (pas si) challengeant (en fin de compte)

Crédit photo : Vladislav Noseek/Shutterstock
31 jours sans viande : petit bilan d'un mois (pas si) challengeant (en fin de compte)
Attention, avant de lire ce texte, sachez que je ne juge personne et que je parle de mon expérience, sans induire que j'ai la voix de la raison et que les mangeurs de viande sont de grands méchants loups! Bonne lecture! 

Le truc le plus difficile que j’ai 
ever fait, c’est d’arrêter de fumer. J’ai passé la première journée sans substitut de nicotine, et j’ai vite compris que ce dernier serait indispensable lorsque j’ai hurlé sur mon chien parce qu’il demandait la porte… Durant les six semaines suivantes, la patch a fait une partie du boulot, mais les crises de rage étaient intenses et je devais combattre les cravings. Trois ans plus tard, je n’ai jamais retouché à une cigarette, alors que j’ai fumé plus ou moins un paquet par jour durant 14 ans. Pourtant, je fais régulièrement des rêves dans lesquels j’ai une clope au bec et chaque fois, je panique (oui, oui... je panique dans mon rêve) à l’idée d’avoir recommencé.

C’est quoi le lien avec mon défi d'une alimentation sans viande pour 31 jours? Bin, c’est que j’étais convaincue que ce serait aussi difficile. Je m’étais préparée durant plusieurs semaines à cette éventualité. Je me remémorais ma désintox de nicotine, je me répétais que je serais capable à nouveau, que je le faisais pour de bonnes raisons. Pis finalement… bin, ce n’est vraiment pas si pire là. Je sais, c’en est presque plate. Je me doute que plusieurs l'ont vécu autrement et que pour certains, le combat a été plus ardu. J’aurais pu raconter mes combats épiques contre des envies ingérables de bacon. Mais non.

J’ai compris bien vite que les cravings venaient de l’appétit. Quand on a faim, on a envie de ce que nous sommes habitués de manger. Et quand on mange, même des petites carottes pis des pommes, ben, on arrête d’avoir faim (le besoin physique, là...). ABRACADABRA !!! Je me suis donc arrangée pour éviter d'avoir de trop gros creux dans la journée, puis le reste a été tiguidou. Je pourrais vous raconter que j’ai mangé vraiment santé. Sauf que non. Encore. Mon objectif était de faire des câlins à des cochons en sachant que je n’avais pas fait griller leurs cousins, pas de diminuer mon intake calorique. Oui, j’ai trempé des croustilles de pita dans du dip aux oignons, j’ai croqué dans des croissants au chocolat puis j’ai commandé des cornichons frits. C’était bon et j’ai eu plein de petits bonheurs gustatifs décadents durant ce mois.

Okay. J’ai pas non plus mangé que du junk. J’ai aussi cuisiné vraiment beaucoup. Je suis allée moins souvent au resto. J’ai ingéré des quantités record de fruits et de légumes. J’ai fait des épiceries colorées. J’ai moins gaspillé. J’ai aussi économisé des sous et découvert des recettes. J’ai partagé des lunchs et des restants avec des ami.e.s végés (et non végés d'ailleurs). Et, leplus fun dans tout ça, c'est que j’ai senti mon énergie augmenter. Mes déjeuners étaient TELLEMENT meilleurs.

Pendant cette période, j’ai écouté des vidéos sur l’exploitation animale et suis allée à une conférence d’Élise Désaulnier. Cela m'a permis de me questionner sur le spécisme, les produits laitiers et les œufs. J’ai rarement eu le sentiment d’avoir trop mangé ni pas assez. Je me suis demandé comment, à l’avenir, je pourrais me procurer des produits non testés sur les animaux et exempts de cruauté

Fait que… ce qui devait être un défi de 31 jours pour me challenger dans mes habitudes alimentaires est devenu 32 jours. Puis 33, puis 34. Je ne sais pas pour combien de temps cela va durer. Peut-être toujours et peut-être pas. Sauf que là, tout va bien et je n’ai pas envie de recommencer. Comme quand j’ai cessé de fumer et qu'au début, je laissais une cigarette sur ma table de chevet pour m’empêcher d’angoisser à l’idée de ne plus JAMAIS FUMER DE T-O-U-T-E LA VIE AU COMPLET POUR TOUJOURS. Finalement je ne l’ai jamais fumée, mais sa présence m’évitait la panique. Alors je ne m’impose pas l’idée que je ne mangerai plus jamais de viande, même si, en ce moment, je n’en ai pas du tout envie et que je réfléchis à ma consommation de produits impactant les animaux indirectement (produits de beauté, lait, miel, etc.). Dans l’espoir que le petit train aille loin et de pouvoir toujours flatter les lapins le cœur plus léger.