+ Playlists

« Elle est nympho! » : Vraiment?

Crédit photo : Nymphomaniac/Facebook
« Elle est nympho! » : Vraiment?
J’ai un ami qui est à la recherche de l’âme sœur, ce qui l’amène à rencontrer des filles à la pelletée. Chaque fois que la fille amène un sujet sexu avant lui, il me raconte que cette fille-là est clairement « nympho ». « Nympho » pourquoi? Pour avoir une libido élevée? Pour avoir une libido plus élevée que lui?

Naïve comme j’étais, je pensais que la nymphomanie pouvait décrire le désir sexuel incontrôlable et excessif autant chez les femmes que chez les hommes. Eh non! Seules les femmes peuvent être atteintes de nymphomanie. N'arrivant pas à croire que les hommes ne peuvent pas être atteints de désir sexuel incontrôlable et excessif, j’ai fait mes petites recherches... et l'équivalent masculin de cette maladie s'appelle « satyriasis ».
 
Pourtant, je n’ai jamais entendu personne dire d'un gars : « il est tellement satyriasique! » Mais « nympho », je l’entends tout le temps. Cette expression est passée dans le vocabulaire courant : dès qu’une femme ose dire qu’elle a du désir, elle est « nympho ».
Mais la nymphomanie, c’est une pathologie. Une femme qui a envie d’avoir une relation sexuelle n’est pas malade. C'est grave, d'employer ces mots désignant des pathologies dans n’importe quel contexte!
 
Le truc, c’est que certaines personnes rêvassent sur les nymphomanes : sexe illimité, aventures et cascades... « tout est permis ». Et pourtant, la réalité contraste souvent avec cet idéal. Une nymphomane vit sa sexualité comme un besoin, pas comme un plaisir, individuel ou partagé. 
 
Aimer le sexe ne veut pas dire être nymphomane, tout comme être inattentif une fois n’égale pas TDAH. Cataloguer une femme comme « nympho » à la moindre expression de son désir, c’est à la fois banaliser une pathologie réelle et stigmatiser le désir féminin. Laissons le soin de poser de réels diagnostics aux professionnels de la santé.