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L'absurde taxe : quand c'est rose, c'est plus cher!

Crédit photo : Andrey_Popov/Shutterstock
L'absurde taxe : quand c'est rose, c'est plus cher!
Ça s’est faufilé un peu partout dans les médias québécois au cours des derniers temps, mais c’est un phénomène ancré dans les pratiques occidentales depuis les années 70. On le sait et on l’accepte : les femmes paient plus à défaut de ne pas avoir de phallus. Il s'agit d'une astuce de marketing qui se base sur une différence sexuelle. Pour elle ou pour lui. Rose ou bleu. Une autre petite ségrégation sexuelle.

Pour qu’on se comprenne, le gender marketing, c’est exploiter les différences entre le sexe masculin et féminin pour ensuite créer une campagne publicitaire genrée et ciblée. Et puis, ce qu’il y a de pas plaisant, c’est que les femmes sont presque toujours dans la mire des marketeurs. Ça amène aussi son lot de problèmes en matière de discrimination sur les prix en fonction du sexe.

Un journal explique cette gamique (et l’endosse) en disant que les femmes sont beaucoup plus sensibles à la publicité. De ce fait, les érudits de l’industrie produisent plus de pubs et refilent le coût aux femmes.

Ben quin. Tellement sensé et normal. #NOT
 
Un petit exemple qui en avait marqué plus d’un.e à l’époque était les fameux stylos Bic. La compagnie avait créé un stylo spécialement pour femme. Mon doux qu’on est chanceuses! Un stylo plus facile à tenir, qui procure une écriture douce, pastel et qui revient vraiment plus cher. Ça manquait tellement à ma vie.

Le comble de l’insulte revient aux génies du marketing concernant les produits « clairement pour hommes » : fusil, canne à pêche, tondeuse, pelle, VTT, etc. Non seulement vendent-ils les produits dédiés aux femmes plus chers, mais ils utilisent la couleur rose pour élargir leur marché.  Par exemple, Remington, un fabricant d’armes à feu pour la chasse, pourrait facilement gagner la palme d’or de l’idiotie :

Crédit : Sail

Mais pourquoi le gouvernement n’impose-t-il pas de limite au marketing de genre?

Oui, en 2015 la taxe sur les produits et services (TPS) de 5 % et la taxe de vente du Québec de 9,75 % ont été abolies sur les serviettes hygiéniques, tampons, ceintures hygiéniques et sur les coupelles menstruelles. Wouhou! Mais pourquoi s’arrêter là?

À New York, il y a une interdiction de sexisme dans les prix. Le gouvernement donne même des amendes de 250 $ aux commerçants qui contreviennent à ce règlement.

 Pourquoi l’Office de la protection du consommateur du Québec n’en fait-il pas autant?  Même Denis Coderre est contre la taxe rose! Lui aussi veut l’équité entre les hommes et les femmes, c’est pas joli ça?

Il y a également un recours collectif qui a été mis en marche par la Montréalaise Aviva Maxwell. Il vise toute personne ayant acheté des produits pour femmes depuis mars 2014 dont le prix était plus élevé que les produits pour hommes. Si le recours est autorisé, ça reviendrait à un remboursement d’environ 100 $ par personne touchée.

Eh, sérieux, à quand le marketing non genré?