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Désinformation et clichés : démythifions quelques facettes du féminisme au Québec

Crédit photo : Gorbash Varvara/Shutterstock
Désinformation et clichés : démythifions quelques facettes du féminisme au Québec
Lorsque je parcours les pages de chroniqueurs de certains quotidiens ou celles des livres qu’ils ont publiés, que je tombe sur les citations d’animateurs de radio ou encore sur des trolls dans les médias sociaux, c’est avec un mélange d’agacement et d’amusement que je constate que, souvent, ils basent leur argumentation antiféministe sur des prémisses qui sont erronées.

Je crois qu’il est plus que temps de démêler tout ça, vu qu’il y a des gens partis sur des trips fabulatoires qui semblent en avoir besoin…  

LA fameuse théorie du genre
Attention, les féministes ont pour mission « d'éradiquer les sexes (sic) » (dixit un certain sociologue et chroniqueur dans son récent livre), faire disparaître la « différence fondamentale » entre l’homme et la femme et les rendre « indifférenciés » et « asexués » (whatever that means).

On est flatté.e.s de vous faire autant d’effet, mais malheureusement ce complot n’existe pas pour le moment, et vous n’avez pas à perdre des heures à faire capoter votre plume là-dessus!
À l’aide de points de vue variés, on n’en a, pacifiquement, qu’après la normativité et la vision bio-essentialiste des genres, qui sont toutes les deux dépassées et dommageables pour beaucoup de gens.

Désolée si la décence humaine est quelque chose qui bouscule vos paradigmes périmés!

« L’égalité est atteinte » ou pire, « Le Québec est une société matriarcale »
Quelle révélation! Comment avons-nous pu traverser toutes ces années à militer pour rien comme ça? Dans le fond, nous étions les privilégié.e.s tout ce temps. Pourquoi est-ce qu’on se plaint?

Je n’avais jamais vu comme ça notre revenu inférieur, notre apport démesuré aux tâches ménagères, notre plus grand risque d’être victimes de violence, notre sous-représentation, notre rapport négatif avec notre image corporelle, notre tendance à se faire harceler et notre chosification.

Merci les boys de m’avoir ouvert les yeux! #Not

La misandrie
Ah, ce truc désagréable, mais anecdotique? Oh oui, tout à fait comparable à la dynamique historique, systémique et institutionnalisée qu’est la misogynie…

C’est sûr que lorsqu’un pourcentage de 17 % de femmes dans une foule semble l’égalité aux yeux des hommes présents, et que si elles en constituent le tiers, ils se sentent en infériorité numérique, des revendications pour des droits ou même de simples statistiques désolantes peuvent bien ressembler à des attaques sexistes!

« Quand on est habitué au privilège, l’égalité peut être ressentie comme une oppression. »

LE féminisme vs les féminismes
Dans le fond, on est tous.te.s pareil.le.s. En fait, on n’est que des clones robotiques de la même personne. On n’est qu’une seule entité, une seule intelligence collective, répartie dans des millions de corps. C’est ce que j’entends quand quelqu’un mentionne « LE féminisme, c'est... » pour ensuite faire de grossières généralisations.

En fait, et ça peut en surprendre certains, le féminisme est un mouvement à l’historique mouvementé qui se décline en plusieurs courants simultanés, promus par différents groupes qui ont des intérêts très variés, et qui s’opposent même souvent dans un débat interne continuel qui vise son perfectionnement. Alors on peut se passer de vos critiques mal informées, merci!

Remarquez que les personnes qui auraient besoin de prendre connaissance de cet article ne le feront pas, et vont s’entêter à publier les mêmes désinformations. On ne change pas une formule qui marche, hein!