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Se raser ou non les aisselles, telle est la question

Crédit photo : carbonspecimen, slaylonie, hnymlk_/Instagram, montage
Se raser ou non les aisselles, telle est la question
Parce que c’était l’hiver et parce que je faisais de l’irritation à force de le faire chaque semaine, j’ai arrêté de me raser les aisselles. Puis, je suis partie en voyage et une fois revenue chez moi, j’ai réalisé que je me foutais d’avoir du poil sous les aisselles. La vérité, c’est que j’avais même un peu de fierté à le voir pousser. Un peu comme quand on fait allonger nos cheveux. Lol.
 
Je suis vraiment pro-choix quand il s’agit de son corps : avec ou sans poils, votre poids ne regarde que vous, votre style vous appartient, etc. En général, je m’attends à ce que les gens aient la même attitude envers moi (OK, je suis naïve) et je n’hésite pas à m’affirmer si on me critique.

Crédit : lesfoliespassageres/Instagram
 
Sauf que, à mon retour à la maison, mon amoureux m’a fait part de ses sentiments. Il me préfère sans poils. Soyons clair.e.s : il ne m’a aucunement demandé de me raser ou de changer quoi que ce soit sur mon corps. Il m’a juste exprimé, respectueusement, son opinion. J’ai bien sûr argumenté que c’est quand même un standard de beauté imposé par la société et que c’est sexiste. Il est d’accord avec ce que je dis, mais je pense que c’est bien enraciné dans son esprit pour le moment. Bref, ça le turn off.
 
Ce qui a déclenché chez moi ce questionnement : me raser ou non? Est-ce que je suis prête à lui tenir tête pour un temps? Parce que je sais qu’il va continuer de m’aimer et finir par se défaire un jour de ce concept que je juge misogyne. Mais est-ce que je suis prête, moi, à ce qu’il me trouve un peu moins belle, même s’il n’osera jamais me l’avouer?
 
Mon interrogation va un peu plus loin aussi, parce que je ne sais pas si j’ose les aisselles poilues en dehors de mon intimité. Je dois reconnaître que la déclaration de mon chum a ébranlé ma confiance en moi. Quand je vois des filles en camisoles faire ce geste courageux et faire cette assertion audacieuse en public ou sur Instagram, je trouve ça beau. Pas seulement le geste, je trouve ça nice du poil. Je les trouve magnifiques ces femmes qui s’assument et je me demande si moi aussi je suis capable de faire un pied de nez aux standards de beauté modernes. Je m’affirme ouvertement féministe et j’exprime fortement mes opinions ; cependant, je suis encore aux prises avec des dictats de beauté ancrés dans ma tête et qui me font sentir un peu trop souvent en dehors du moule.
 
L’été et la saison des petites robes et des hauts sans manches approchent. Le regard des autres me fait peur et je ne veux pas déplaire à mon copain. Je n’ai pas encore pris de décision à savoir si je vais me raser ou non pour la belle saison. J’ai encore un peu de temps pour réfléchir si je suis game d’assumer ma pilosité en public.