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Ma banlieue : pourquoi j'y suis tant attachée

Crédit photo : Tiffany Simone/Pixabay
Ma banlieue : pourquoi j'y suis tant attachée
J’ai grandi sur la Rive-Sud de Montréal et j’ai fait mes études universitaires à Québec.

J’ai fait un bac en biochimie. J’aurais pu le faire n’importe où. J’ai choisi Québec juste parce que ça me tentait. Et ça avait tellement été une décision et une transition smooth. J’avais pas vraiment d’attaches à la région Montréalaise. J’avais ma famille et des amis, mais étant du type solitaire, c’est pas ce qui me retient dans un endroit. Alors, quand j’ai eu mon diplôme et que j’ai commencé à me chercher un emploi, j’ai cherché partout. J'aurais pu déménager n’importe où pour l’emploi de mes rêves.

Pour finalement décrocher un poste qui me permettait de travailler de chez moi. À Longueuil. Back sur la Rive-Sud.

Pis maintenant, je réalise à quel point je ne veux plus partir, à quel point je suis attachée à ma banlieue.

Est-ce que c’est mes souvenirs que j’ai peur de quitter? Je n’ai pas gardé contact avec mes amis du secondaire. Ni du cégep, d’ailleurs. J’ai juste ça, des souvenirs, de ces années-là. Des souvenirs, pis des trucs dans mon feed Facebook de temps en temps.

Est-ce que je me vois mal m’établir ailleurs maintenant à cause du confort que je me suis trouvé ici? Est-ce que cet attachement est plus un résultat d’une paresse, d’un besoin d’être rassurée par le familier, d’un contentement dans le connu? Tout est familier, tout est facile. Je sais où tout se trouve, je sais comment me rendre partout et parfois même de différentes façons pour éviter le trafic. Montréal est à côté, relativement facile d’accès. Ma famille et mes amis sont ici aussi.

Si j’avais décroché un emploi à Rivière-du-Loup, peut-être que ça aurait été aussi facile que ce que je le croyais au départ de commencer une vie là-bas. Je suis jeune, j’ai pas d’enfant, pas de mari. J’ai une commode pis un lit.

Alors voilà. C’est la nostalgie et l'insécurité qui me gardent ici.

J’aurais aimé ça être capable de partir loin, peut-être même dans un autre pays, de tout laisser derrière, de voir ma famille une fois par année à Noël, faire ma vie ailleurs et never look back. J’admire ceux et celles qui s’installent à long terme loin de leur région natale, que ce soit par choix ou par obligation. J’ai de la difficulté à me départir de mes chaussettes solitaires. J’imagine pas laisser tout ce que j’ai connu derrière moi.