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Ma rencontre avec les travailleurs.euses de rue

Crédit photo : Lexi Ruskell/Unsplash
Ma rencontre avec les travailleurs.euses de rue
J’ai connu l’existence du métier de travailleur.euse de rue (TR) en commençant mon emploi d’été en tant qu’agente aux communications à l’Association des Maisons des Jeunes de Mirabel. Pour cette raison, j’ai immédiatement eu la curiosité d’en savoir plus sur cette profession hors du commun, j’ai alors eu la chance d’avoir une longue discussion avec les deux TR de Mirabel (Gabriel Lemay et Martine Collin) pour en savoir davantage et de partager au public ce travail.

Tout d’abord, c’est un métier qui mérite d’être reconnu pour le travail ardu et l’aide précieuse que les travailleurs.euses de rue apportent à leurs accompagné.e.s. Pour vous aider à mieux comprendre, c’est comme la profession d’un.e travailleur.euse social.e, mais à l’extérieur des bureaux. Je m’explique, les gens qui souhaitent avoir un accompagnement plus en profondeur et plus personnalisé font appel au TR que ce soit en mesure de prévention, intervention, référence, soutien, etc.

Plus précisément, ce que je trouve intéressant, c'est qu'iels rendent service à un large groupe de personnes de n’importe quel âge. Cela peut être de l’accompagnement chez le psychiatre avec une dame âgée de 80 ans qui ne souhaite pas être seule, des toxicomanes ayant des problèmes de consommation et qui veulent se reprendre en main pour se trouver un emploi, un adolescent vivant de l’intimidation qui a besoin d’une oreille pour se confier, une mère de famille qui veut avoir un coup de main pour intervenir auprès de ses enfants, etc. Qu’importe, l’accompagnateur.trice sera toujours là pour écouter l’accompagné.e aussi longtemps qu’il sera dans le besoin avec respect et sans jugement. Iel est là pour bâtir une relation de confiance avec la personne concernée en toute confidentialité.

Cela ne finit pas là. Il me reste des détails importants à vous dire. Celleux-ci doivent se créer des liens avec des organismes d’aide (recherche d’emploi, violence conjugale, pauvreté, etc.) afin de bien référer les gens dans le besoin. Par exemple, si une personne veut avoir un coup de pouce dans sa recherche d’emploi et qu’elle veut rencontrer un.e bon.ne conseiller.ère. Le ou la TR se doit de dire la vérité, s’iel dit que le conseiller Antoine du Carrefour Jeunesse-Emploi de Mirabel est sympathique, il doit l’être. Sinon, si c’est l’inverse, qu’Antoine est bête, la relation de confiance vient de se briser entre l’accompagné.e et le ou la travailleur.euse de rue. Cette liaison ne tient vraiment qu’à un fil, elle est si longue à construire et si facile à détruire. Ces gens ont souvent été blessés dans le passé, donc il est difficile pour eux de faire confiance à nouveau. De plus, les mentors suivent le rythme de leurs protégé.e.s. Iels les laissent faire leurs choix de vie sans les juger. Iels peuvent entrer dans leurs vies personnelles en rencontrant leurs enfants, parents et conjoint.e.s avec leurs autorisations. Les personnes assistées sont libres de choisir le degré de proximité avec leurs accompagnateur.trice.s.

Dans la liste des rôles des TR, il y a aussi celui du médiateur.trice. Par exemple, l’accompagné.e a un rendez-vous à l’hôpital, mais iel ne comprend pas bien le spécialiste de la santé. Le ou la TR établit un pont entre les deux individus et il ou elle est là pour l’aider à comprendre le médecin. De ce fait, le.la professionnel.le de la santé pourra s’adapter au langage de l’accompagné.e, ensuite, iels pourront se comprendre et le ou la TR pourra se retirer. Les travailleur.euse.s de rue utilisent cette méthode dans tous types de relation, cela peut être avec un.e avocat.e, orienteur.e, psychiatre, policier.ère, etc. La polyvalence est un atout important pour le ou la guide, car iel rentre dans plusieurs réalités différentes et iel a affaire avec une variété de personnalités.

Finalement, les TR ne se prennent pas pour de grand.e.s héro.ïne.s, mais iels agissent comme un.e ami.e fidèle toujours disponible pour leurs protégé.e.s, même si celleux-ci se retrouvent en prison, iels se feront un plaisir d’aller les voir en visite pour les écouter. Les travailleur.euse.s de rues ne peuvent pas faire de miracles, mais iels rendent de grands services que parfois l’entourage de l’accompagné.e ne peut réaliser.

Pour en savoir davantage sur ce sujet, je vous invite à consulter le site Web de l’Association des Travailleurs et Travailleuses de Rue du Québec. http://attrueq.org