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L'implication personnelle et monétaire des gars dans la contraception

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L'implication personnelle et monétaire des gars dans la contraception
Je rush avec les moyens de contraception depuis quasi toujours. L’absorption d’œstrogène synthétique m’est proscrite comme je fais partie du 10 à 20 % de migraineux.ses souffrant (et je pèse mon verbe) de migraines avec aura.
 
En gros, pour les épargné.e.s, une forme scintillante peut apparaitre à tout moment au centre de mon champ de vision et venir l’obstruer sur une période d’environ trente minutes. Quand je recouvre la vue, la migraine se met à m’assommer. Fort. Si je ne m’étends pas à temps, dans le noir autant que possible, il peut arriver que je me mette à bafouiller, que certains de mes membres s’engourdissent et que je vomisse. C’est great. #Not
 

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Enfin, absorber une dose régulière d’œstrogène serait susceptible de provoquer des crises chez moi, ou pire, d’empêcher mon sang de bien coaguler en formant des caillots. Bottom line, je pourrais subir un AVC. Et, possiblement, en mourir.

Comme la conclusion précédente est peu souhaitable, je dois choisir un contraceptif sans hormones pour mon couple stable. Quelques options s’offrent à moi, mais ma tête vacille présentement entre l’installation d’un stérilet en cuivre (donc sans hormones) et l’achat d’un mini-ordinateur avec thermomètre basal intégré qui recense un paquet de données et indique précisément, après usage prolongé, si l’on est fertile ou pas. Dans les deux cas, je devrai débourser de 90 à 500 $.  
 
Je dis « je », mais je veux plutôt dire « nous ». Ouais, « nous ». L’homme-de-ma-vie-qui-en-profite-lui-aussi, et moi. Ç’a été mon premier réflexe quand j’ai constaté le prix des deux solutions. Je soupais avec des amies, je leur ai expliqué que c’était cher, mais « pas le choix »! Que de toute manière, on allait « payer le montant à deux ». Vous auriez dû voir les expressions dubitatives barbouiller leurs doux visages. « Voyons, je vois pas pourquoi je paierais ça toute seule quand c’est lui et moi ensemble qui nous protégeons d’un bébé non souhaité et qui jouissons d’une sexualité », que je me suis empressée de renchérir. La serveuse s’est arrêtée net de remplir nos verres d’eau pour dire qu’elle n’y avait jamais réfléchi et qu’elle aurait un talk ce soir avec son chum : elle veut qu’ils splittent le prix de ses pilules contraceptives. OUI.
 
J’ai expliqué mon point de vue sur l’implication personnelle et monétaire de l’homme dans l’aspect menstru/contraceptif à un ami, qui m’a répondu (attention) : « Ouais, mais on paie d'autres choses, nous, les hommes ». Pardon? Comme quoi? Les deux premiers condoms? On vit plus en 90, biggy. Je partage avec mon chum le prix de l’épicerie, du loyer, du cadeau de fête de sa mère, et quand on sort, on prend la facture chacun notre tour. Ce serait malade de ne jamais avoir à trainer mon porte-feuille, mais hey, je tiens plus à l’idée d’atteindre l’égalité des sexes dans mon couple et partout dans le monde. Mon chum et moi on se dit fièrement égaux, je ne vois pas pourquoi j’assumerais seule le prix de mes chères pilules contraceptives à 240 $ par année ou de mon stérilet cuivré.
 
 
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Je trouve que certains gars (certains, pas tous) font un brin l’autruche quand c’est le temps de parler de cycle menstruel. Récemment, un autre ami m’apprenait la grossesse de sa blonde. Une mauvaise nouvelle qui s’est vite réglée par une méthode contraceptive à retardement vraiment merdique, et j’ai nommée : l’avortement. Comme si ce n’était pas assez qu’elle ait à passer à travers le triste processus, on aurait dit qu’il lui en voulait. Elle n’aurait pas dû skipper une pilule, même s’ils ont décidé de rester dormir au chalet et que ce n’était pas prévu. Elle aurait dû lui dire, aussi, qu’il ne pouvait pas lui jouir dedans parce qu’elle ovulait. Ouf. C’est beaucoup de pression sur deux petites épaules ça, je trouve.

Soit certaines filles sont trop secrètes, soit certains gars manquent de curiosité, mais j’ai envie de croire que le moyen contraceptif qu’emploie la femme faisant partie d’un couple hétéro, et de surcroît, son cycle menstruel, est l’affaire des deux membres dudit couple.
 
Les pharmacos planchent présentement sur des méthodes de contraception masculines. Que ce soit la pilule hormonale pour hommes ou le gel contraceptif sans hormones, dans les deux cas, ils ne sont pas si loin de leur objectif. Quand ces solutions seront efficaces, et que mon amoureux pourra les utiliser, je serai fière de contribuer à leur coût!
 
Team spirit, non?

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