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Le fléau des sciences humaines : choisir le chemin facile?

Je n’ai pas hésité longtemps avant de savoir ce que je voulais faire comme profession. J’étais bonne à l’école, j’aimais étudier, c’était clair pour moi (et mon entourage!) : j’étudierais en médecine.

Ce n’est un secret pour personne, la médecine, c’est payant, et de l’emploi, en veux-tu en v’la!
J’aimais aussi beaucoup ce qui était relié à la maternité, les bébés, le développement des enfants.

Vers 11 ans, j’avais trouvé. Quand je serai plus grande, je deviendrai pédiatre.

Évidemment qu’à l’époque je ne m’étais pas douté que lancer en l’air une idée de carrière avec un niveau assez haut d’exigences allait sûrement avoir quelques répercussions au moment où finalement, je changerais de plan de match.

Puis, arriva ce qui devait arriver, quelques années plus tard, j’ai finalement eu une révélation. Eh non! La médecine, ce n’était pas fait pour moi. Je me considère assez chanceuse de l’avoir compris tôt dans mon cheminement d’études (secondaire 3, dissection de la souris. F-I-N-I! Ça, pis le fait que je suis vraiment hypocondriaque).

Crédit : Giphy

Malheureusement, le fait d’avoir réorienté mon plan de carrière a donné lieu, pour des membres de ma famille, à des questionnements et des interrogations sur mon futur.

C’est vrai qu’on se fait beaucoup dire au secondaire que les sciences naturelles et les sciences pures ouvrent des portes et que ce choix permet de ne pas vraiment se tromper. Mais, à mon humble avis, je pense aussi que prendre cette décision contre notre gré, ça en ferme aussi beaucoup, des portes! J’ai des ami.e.s qui étudient présentement en sciences naturelles et qui savent qu'iels ne seront pas médecins et qu'iels ne feront même pas un métier en lien avec la médecine et les sciences. Je trouve ça un peu triste quand même. Se lancer dans de longues études (on va se le dire, difficiles) parce que, socialement, ça paraît mieux dire qu'on est en sciences nat qu’en sciences humaines, en arts visuels ou en éducation à l’enfance.

Crédit : Giphy

Quand ce fut finalement le moment de faire mon choix pour me diriger dans un programme d’études au cégep, je me suis arrêtée pour penser deux minutes à ce qui m’allumait dans la vie. J’ai d’abord pensé que j’aimais beaucoup parler, discuter, échanger sur des sujets divers, débattre, argumenter. Argumenter! Je me suis rappelé mes nombreuses heures d’implication dans le conseil des élèves au secondaire. Le plaisir que je prenais à aider les autres à travers le bénévolat. Ma curiosité sur la société, sur les enjeux politiques, sur les causes sociales, sur l’individu en général, mais en particulier aussi. Pas son anatomie, ni ses organes, ni ses maladies. Sur ses actions sur le monde qui l’entoure.

Crédit : Giphy
 
J’avais finalement choisi : je voulais aller étudier en sciences humaines au cégep. Scoop : j’ai même choisi de faire mon parcours sans maths (ouh lala! Voyez-vous les portes se fermer?)

Donc pour les gens à qui j’avais autrefois dit que je m’en allais étudier en médecine, ce fut un peu choc (pour être honnête, je crois qu'il y a plusieurs personnes dans mon entourage qui pensaient que j’allais leur faire une bonne médecin de famille haha!). Mais quand j’y pense comme il faut, c'est quand même le métier que j’exercerai pour les 50 prochaines années de ma vie. Je n’ai pas le goût de le faire pour les autres, j’ai le goût de le faire pour moi.

Donc oui, les sciences humaines.
 
Aujourd’hui, malgré les quelques jugements, je suis quand même un peu fière de dire que je préfère étudier les actions, les droits pis les différentes cultures des humains à travers le monde plutôt que leur anatomie. Non pas parce que je ne savais pas quoi faire du reste de mes jours ou bien parce que j’avais le goût de me pogner le beigne pour les deux prochaines années. Non, parce que ça m’intéresse. Parce que je rêve d’aller étudier en droit à l’université et que je sais que ce seront des cours qui me seront bien utiles et qui, je l’espère, sauront ouvrir encore plus mon esprit sur le monde entier. Je ne dis pas que j'ai fait le meilleur choix, je dis que j'ai fait le mien.