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​Chéri.e, j’ai mal : Les causes, les conséquences et les traitements de la douleur lors des relations sexuelles

Crédit photo : Xavier Sotomayor/Unsplash
​Chéri.e, j’ai mal : Les causes, les conséquences et les traitements de la douleur lors des relations sexuelles
Les relations sexuelles sont généralement une source de satisfaction, de plaisir et d’intimité pour les couples. Toutefois, entre 8 et 20 % des femmes préménopausées éprouvent de la douleur lors des relations sexuelles, ce qui nuit considérablement au plaisir que peuvent ressentir celles-ci en lien avec leur sexualité. L’une des causes les plus fréquentes de la douleur génito-pelvienne est la vestibulodynie provoquée (VP), qui se caractérise par une sensation de brûlure, de coupure ou de déchirure à l’entrée du vagin lors des tentatives de pénétration, et ce, en l’absence de lésion ou d’infection courante. Plusieurs femmes se sentent parfois impuissantes quant à leur douleur et cherchent à comprendre sa cause.
 
Les causes de la VP
Bien que nous soyons loin d’en connaître les causes exactes, trois sources principales sont identifiées comme étant potentiellement des facteurs contribuant au développement et au maintien de la VP : les facteurs biologiques, les facteurs psychologiques et les facteurs relationnels.
 
Parmi les facteurs biologiques, les femmes souffrant de VP présentent une hypersensibilité à l’entrée du vagin qui est identifiable par un gynécologue. On y retrouverait aussi un niveau anormalement élevé de récepteurs de la douleur (nocicepteurs) qui pourrait être expliqué, entre autres, par des infections vaginales (vaginites) non traitées ou répétées, ou par des changements hormonaux dus à la prise de contraceptifs prolongée. Un dysfonctionnement des muscles pelviens pourrait également contribuer au maintien de la douleur.
 
Parmi les facteurs psychologiques, des études démontrent que les femmes souffrant de VP rapportent davantage d’anxiété et de dépression, à la fois comme antécédents et comme conséquences de la douleur. La peur de la douleur et l’hypervigilance, soit une attention accrue aux signes de douleur, contribueraient au développement et au maintien de la douleur. Des pensées exagérées et négatives face à la douleur et un faible sentiment d’être en mesure de gérer la douleur lors des relations sexuelles mèneraient certaines femmes à éviter les relations sexuelles. Ceci créerait un cercle vicieux, où la peur et l’évitement maintiendraient la douleur chez ces femmes. Les agressions sexuelles et physiques, bien qu’elles ne soient pas la cause unique de la douleur, sont également identifiées comme étant des facteurs de risque au développement de la VP.
 
Enfin, sur le plan relationnel, les interactions entre les femmes et leur partenaire peuvent également influencer l’expérience de douleur. La manière dont le.la partenaire répond à l’expression de la douleur lors des relations sexuelles peut avoir un effet sur celle-ci. En effet, on observe que les réponses négatives à la douleur, comme l’expression de la colère, et les réponses de sollicitude (sympathiser avec la douleur) contribue à l’augmentation de la douleur, alors que les réponses facilitantes, soit l’encouragement de comportements permettant de s’adapter à la douleur, sont associées à moins de douleur chez les femmes atteintes de VP. Il est important de comprendre que les réponses des partenaires ne causent pas la douleur, mais contribuent plutôt à son intensité et à son maintien.
 
Les conséquences de la VP
Le fait de vivre une douleur de manière répétée lors des relations sexuelles entraîne inévitablement son lot de conséquences sur le plan sexuel, psychologique et relationnel. Plusieurs femmes vivent de la détresse et de l’anxiété en lien avec leur problématique sexuelle, entraînant une baisse significative de la satisfaction que celles-ci éprouvent en lien avec leur sexualité. En effet, nombreuses sont celles qui rapportent une plus faible excitation sexuelle, moins de désir sexuel, une plus grande difficulté à atteindre l’orgasme et une plus faible fréquence des relations sexuelles. Plusieurs femmes se sentent également moins désirables et moins attrayantes depuis la survenue de la douleur, ce qui peut nuire considérablement à leur estime d’elles-mêmes. Bien que ce soit la femme qui éprouve de la douleur, les partenaires de celles-ci ne s’en tirent pas sans conséquence! Les partenaires amoureux des femmes souffrant de VP rapportent une plus faible satisfaction sexuelle et davantage de dysfonctions érectiles que les partenaires de femmes n’ayant pas cette problématique. De plus, la douleur, à long terme, peut devenir une importante source de conflit au sein des couples. Certaines femmes ressentent une pression à s’engager dans des relations sexuelles et une crainte de perdre leur partenaire. Les partenaires quant à eux, peuvent ressentir un sentiment d’impuissance face à la douleur, 73 % d’entre eux rapportent que la douleur a un impact négatif sur leur relation de couple. Il apparaît donc important d’informer les couples des difficultés pouvant résulter de la douleur génito-pelvienne et de leur fournir les ressources nécessaires pour que ceux-ci obtiennent une aide appropriée.
 
Quoi faire en cas de douleurs vaginales?
Une première étape consiste à consulter son médecin ou son gynécologue. Considérant qu’il y a d’autres affections vaginales qui peuvent causer de la douleur lors des relations sexuelles, il est important d’obtenir un diagnostic approprié afin d’obtenir un traitement en conséquence.
D’autres spécialistes, comme des sexologues, des psychologues ou des physiothérapeutes spécialisé.e.s en douleur génito-pelvienne peuvent également fournir des traitements pour ce type de problématique. Assurez-vous que le.la professionnel.le que vous consultez soit bien à l’affût des causes et des conséquences de la VP, et qu’il.elle soit dûment formé.e pour traiter la douleur génito-pelvienne.
 
De plus, l’équipe du Laboratoire d’étude de la santé sexuelle de l’Université de Montréal mène deux études auprès de couples dont la femme souffre de vestibulodynie provoquée. L’une de ces études vise à mieux comprendre les interactions entre les partenaires, au quotidien, qui contribuent aux difficultés relationnelles, sexuelles et de douleur chez les couples qui affrontent la VP. Une compensation financière est offerte pour cette étude. Une seconde étude vise à comparer l’efficacité de deux traitements pour la VP. Ces deux traitements sont offerts gratuitement aux couples et sont non-expérimentaux, c’est-à-dire que l’efficacité de ces traitements a déjà été démontrée scientifiquement et que les couples qui prennent part à ces traitements ne courent pas de risques importants ou inconnus pour leur santé.

Si vous ou votre partenaire ressentez de la douleur durant les relations sexuelles et êtes intéressé.e.s par ces études, contactez-nous au 514 343-6111 poste 37428, ou par courriel au info@sophiebergeron.ca. Il nous fera plaisir de vous parler plus en détail de nos projets.
 
De plus, si vous n’êtes pas éligibles, nous pourrons vous donner des références de professionnel.le.s spécialisé.e.s en douleur et vous guider pour la suite de vos démarches. Pour plus d’informations sur les études portant sur la VP, visitez sophiebergeron.ca.