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La grande opération : la décision - 1ère partie

Crédit photo : Jennifer Burk/Unsplash
La grande opération : la décision - 1ère partie
Il y a un peu plus de six mois, je passais sous le bistouri pour subir une dérivation gastrique, une chirurgie bariatrique. Bien que pratiquée depuis plus de quarante ans, elle demeure un acte médical méconnu qui vient avec son lot de préjugés. 
 
Je tiens tout d’abord à préciser que je raconte mon récit personnel. Je ne me substitue aucunement aux professionnels de la santé. Surtout, je ne fais pas la morale à quiconque. La décision de procéder ou non à une opération est hautement personnelle et bien que, dans ma situation, ce fut la meilleure, ce n’est pas nécessairement le cas pour toutes les personnes souffrant d’obésité. 
 
Retour dans le temps
Depuis l’adolescence, je me bats contre la balance. Malgré une alimentation normale et une vie relativement active, mon métabolisme refuse de coopérer. Prise avec des troubles hormonaux génétiques, avec mes premières règles, j’ai pris du poids lentement, mais continuellement. J’ai passé ma vie de jeune adulte à chercher de l’aide médicale pour me faire dire par tous les médecins consultés de perdre du poids, que ça allait tout régler, alors qu’en fait, c’était l’inverse, ce sont mes problèmes hormonaux qui ont contribué à me rendre obèse. J’ai alors flirté, dans une relation malsaine, avec la nourriture qui devenait à la fois un réconfort et une source de chagrin.
 
J’ai fini par trouver LA bonne docteure, une endocrinologue, la quatrième consultée en vingt ans. Après un an de rendez-vous réguliers, de tests, un an à faire le point sur mes habitudes de vie, à consulter nutritionniste, entraîneur, psychologue, à essayer la médication, la perte de poids était toujours anormalement minime. Mon médecin a abordé l’option de la chirurgie, doucement, sans pression. Elle m’a laissé le temps d’y penser, de faire mes recherches. Lorsque j’ai compris que c’était la solution qui m’aiderait à perdre du poids, ma meilleure chance d’y arriver de façon durable, j’ai accepté. C’était le début d’une longue période d’attente, de beaucoup de stress et d’une longue préparation psychologique.
 
J’ai choisi de me faire opérer, oui, pour perdre du poids, mais pas pour des raisons esthétiques. Je crois sincèrement que toutes les silhouettes sont belles et que la vraie beauté est à l'intérieur. Honnêtement, je me trouvais belle « malgré » mon poids en trop. Ça ne m’a jamais empêchée de m’habiller à mon goût ni d’avoir confiance en moi. Je me suis fait opérer pour éviter les problèmes de santé futurs, inévitables.