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#MoiAussi : non Madame Chose, ce n'est pas une chasse aux likes

#MoiAussi 
#MeToo
#BalanceTonPorc

Ces hashtags ont pris d'assaut les réseaux sociaux et c'est extrêmement déstabilisant. J'ai #MoiAussi partagé le dit mot-clic. J'ai longuement hésité, mais je l'ai fait. Comme la quasi-totalité des femmes sur mon Facebook, j'ai été victime d'attouchements non sollicités et de harcèlement sexuel. Certaines parmi ces victimes ont vécu des attaques beaucoup plus violentes et horribles que les miennes, certes, mais elles ne les invalident pas pour autant. Cette vague prouve qu'il y a un important problème dans notre société et que nous devrions tous nous y attarder. 

Comme dans tout mouvement, certaines personnes se font un plaisir malsain de revirer la situation de bord pour plaire au ti-peuple à son propre profit. C'est exactement ce qu'a fait une chroniqueuse dans le Journal empirique. « Il y a une petite partie de moi qui ne peut s'empêcher de penser que ce mouvement donne lieu à une chasse aux likes plus qu'à quoi que ce soit d'autre. »

Bin oui toi chose, c'est sûr que les likes arrivent à la pelletée quand je dénonce que je me suis déjà fait agresser. Je me questionne sur la pertinence d'un tel article qui invalide un mouvement de dénonciation, de frustration de femmes victimes d'actes sexuels, qui nous dit dans le fond qu'on est des attention whores qui veulent attirer le regard de l'autre avec nos mélodrames. Tant qu'à ça, dis-moi que je me suis fait toucher parce que ma jupe était trop courte, parce que j'étais saoule dans un party ou parce qu'au début j'avais dit oui. Une claque dans face pis un coup de pied dans l'ventre, c'est pas mal le même feeling!

L'article mentionne aussi les hommes. Les pauvres hommes qui ont été eux aussi harcelés par des supérieures, ce 1 % de la société qu'il ne faudrait pas heurter par nos dénonciations. #WhiteManTears Je n'invalide pas leur vécu, mais come on, devrions-nous nous censurer pour éviter de leur faire de la peine? Quand des milliers de femmes utilisent leurs réseaux sociaux pour partager une parcelle intime et violente de leur vie, quand elles s'exposent au jugement des autres, aux critiques comme celles-ci et au questionnement d'autrui, c'est parce qu'il y a un fucking problème que nous nous devons de régler.

Cette vague de hashtags devrait ouvrir la porte à la conversation, à l'empathie, à la solidarité et à la camaraderie. Quand je scroll mon Facebook et que je vois des centaines de #MoiAussi, j'ai envie de les prendre chacune dans mes bras, de leur dire que je peux les comprendre et je me sens, moi aussi, moins stupide face à l'agresseur. Quant à ce type de chroniqueuse qui accuse les victimes de courir après les mentions j'aime, je questionne fortement son modus operandi et son éthique de travail.

Faites-pas ce que je fais ; c'est ce qu'on dit hein.