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​Comment un chien m’a montré que je n’étais pas prête à avoir un enfant

Crédit photo : Montage par Jessica Beauplat
​Comment un chien m’a montré que je n’étais pas prête à avoir un enfant
J’ai reçu une amie à souper avec son chien. J’avais hâte de le voir parce qu’il avait beau ne pas être le mien, je m’étais entichée de cette petite bête au postérieur dansant qui aime sniffer mes souliers, mes poubelles, ma chambre, mon salon à la recherche de God knows what?!

En grande discussion existentielle avec mon amie dans la cuisine, elle me fit remarquer que « petit toutou » était étrangement calme. Je ne me suis pas posé plus de questions, mais il faut savoir qu’en matière de chien, je n’y connais rien à rien. Je n’en ai jamais eu et j’en côtoie rarement, fin de la parenthèse. J’ai donc réalisé au même moment que j’avais laissé mes commissions, a.k.a. de la viande, dans le salon et à ma grande surprise, qui se transforma en colère, je constatai que « toutou » avait tout mangé, même le plastique de l’emballage!

J’étais tellement frustrée quand je pensais à quel point j’y avais réfléchis deux fois avant de me rendre au Marché Jean-Talon acheter de la pancetta et des saucisses fancy au bacon, cheddar fort et porto. Après une longue journée de travail, c’était l’arrêt de trop, mais j’avais fait l'effort.

Le plus frustrant, c’est que plus j’y pensais, plus j’étais en colère, plus j’avais honte d’en vouloir autant à un chien. Je savais que le lendemain je serais capable de raconter l’histoire en riant, mais sur le coup, il y avait juste de la frustration mêlée à de la peur.

Celle de réaliser que si j’étais autant fâchée contre un chien d’avoir gaspillé mon souper, peut-être que je n’étais pas prête à partager ma vie avec un petit être qui bousillerait mes chaussures à 200 $, qui maganerait mes meubles vintage et pisserait même sur mes revues préférées ou pire encore, sur moi. Je me repassais toutes ces images avec un bébé (j’ai entendu dire que les petits gars ne savent pas bien viser dans les débuts…). Bref, une fois seule, je me suis calmée. Je me suis dit que ce n’était pas vraiment grave si je n’étais pas encore tout à fait prête puisque justement je n’attends pas d’enfant en ce moment.

J’ai repensé à la situation comme une leçon et je commence déjà à faire le deuil de mes chandails préférés qui seront un jour taché par de la bave, du jus de raisin, du vomi, God knows what. Ça n’aura plus aucune importance, un jour, je le sais…

Faites-vous aussi des petits deuils quotidiens en pensant à l’éventualité d’être parent?