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24 heures dans la vie d'une étudiante parmi tant d'autres

Crédit photo : Lacie Slezak/Unsplash
24 heures dans la vie d'une étudiante parmi tant d'autres
Le burnout étudiant n’a jamais autant résonné dans ma tête qu’en ce moment. Ce phénomène, bien qu’il existe vraiment, est souvent nié et rabaissé, et il n’est pas considéré comme un problème auquel on mérite de s’attarder.

Afin de mieux comprendre comment c’est possible de vivre un burnout étudiant, je me suis portée volontaire pour vous présenter 24 h dans la journée d’une étudiante parmi des milliers, en l’occurrence, moi. Je tiens à souligner que je ne souffre pas de burnout, mais j’ose espérer que la vue de cette journée donnera une idée de comment c'est possible.
 
5 h 45 : Réveil
6 h 20 : Déjeuner
6 h 53 - 7 h 55 : Transport jusqu'au cégep (bus et métro)
8 h 30 - 11 h 30 : Cours magistral et prise de notes
11 h 30 : Dîner
12 h 15 : Étude et de travaux
13 h 30 - 14 h 45 : Cours magistral et prise de notes
14 h 45 : Étude et travaux
15 h 30 : Cours magistral et prise de notes
17 h 30 : Fin 
17 h 45 - 19 h 00 : Transport (métro et bus)
19 h 15 : Souper, vaisselle, lunchs
20 h 00 : travaux et étude
21 h 30 : Douche, préparatifs du soir
22 h 00 : Coucher
 
Évidemment, toutes mes journées ne sont pas exactement comme celle-là. Il y a autre chose à considérer que je n’ai pas mentionné dans cette journée : mon emploi étudiant.

Je travaille trois fois par semaine. J’en ai besoin pour payer l'université et les coûts qui y sont associés. Souvent, je dois courir pour réussir à arriver à l’heure au travail, car je finis l’école trop tard. Ainsi, en plus de rater mon souper pour arriver à l'heure, il faut considérer que je suis debout à 5 h 45 et de retour chez moi à 21 h 30.

La fin de semaine arrive. Je suis fatiguée, je me suis levée tôt et couchée tard toute la semaine, j'ai couru à gauche et à droite. Je me lève tôt le samedi pour faire mes travaux. Idem le dimanche. Au final, je n'aurai eu dans ma fin de semaine que quelques heures de libres, que j'aurai passées à étudier.

Et ça recommence à 5 h 45 le lendemain matin.

Un soir semaine, aussi, je fais du parascolaire, pour l’université. Un soir parti en fumée.

Ça semble peut-être facile de l'extérieur. Mais dans cette semaine, mon social, je l’ai fait à l’école. Je n’ai pas vu ma famille ni mes amis proches. Je ne suis pas sortie, je n’ai pas assisté à des événements. Je n’ai pas eu le temps.

Vous comprendrez qu’au fil des semaines, cela devient non seulement redondant, mais déprimant. Chaque semaine est pareille, ce n’est que travail, déplacements et études. Je passe énormément de temps à étudier et travailler pour mes études ; je veux de bons résultats, car je souhaite m'inscrire à un programme contingenté.

Le stress du train-train quotidien, ça va. Mais ça devient excessivement lourd lorsque tous ces efforts et ce temps mis à travailler semblent ne servir à rien, surtout quand on n'a pas de résultats probants. On remet tout en question, on a l’impression de se donner corps et âme pour une cause qui n’en vaut même pas la peine. Alors, on retourne travailler le lundi matin, on remet des efforts et on se recouche tard le lundi soir, tout cela en sachant qu’on n'aura pas toujours les résultats voulus.

C’est vrai, l’attitude y est pour beaucoup. Je suis fatiguée physiquement, mais surtout émotionnellement, et cela compromet mes résultats.

Ça peut sembler banal. Je veux dire, « je fais juste aller à l’école ». Mon horaire n’est pas à plaindre : il ressemble à celui de n’importe quel autre adulte qui travaille et qui doit s’occuper de sa famille. Ma plus grande préoccupation? Avoir des bonnes notes. Ça semble enfantin et rudimentaire, mais avec cela vient beaucoup de pression, de comparaison avec les pairs, d’attentes.

Je sais que je m’en sortirai. Je tente d’adapter mon attitude graduellement pour me permettre de ne pas sombrer dans ce quotidien un peu étouffant. Je n’ai jamais été autant en mesure de comprendre pourquoi l’école, ça peut être fatiguant, drainant, déprimant. Je comprends comment cela peut mener à l'épuisement.
Crédit : Giphy

N'hésitez pas à aller chercher de l'aide si vous en ressentez le besoin, qu'elle soit étudiante, professionnelle, amicale ou familiale.