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Le jour où mon corps m’a lâchée (et où j’ai appris à l’écouter)

Crédit photo : Jordan Bauer/Unsplash
Le jour où mon corps m’a lâchée (et où j’ai appris à l’écouter)
Il y a quelques semaines, mon corps m’a lâchée. La douleur physique l’a emporté sur la drive du cerveau. Ma routine a tout bonnement été foutue en l’air et la control freak en moi était vraiment fâchée. Je vous la fais très brève : en quelques semaines, une douleur à la jambe causée par un nerf sciatique coincé est passée de désagréable à incapacitante, je ne pouvais plus marcher ni m’asseoir. Puis, en 48h, j’ai été hospitalisée et opérée d’urgence. Parce que non, ce n’était pas qu’un nerf coincé (ce qui est déjà méga douloureux), mais deux hernies dont une risquait de me rendre paraplégique si on ne m’opérait pas LIVE. L’opération s’est bien passée et je dois maintenant passer deux mois en convalescence.
 
Quand j’ai appris que je devrais repousser ma graduation (qui devait avoir lieu en décembre), j’étais dans tous mes états. Je pensais à tous mes plans qui devraient être modifiés et à tout ce temps non prévu, non timeboxé… Qu’est-ce que j’allais en faire??

Mon cauchemar!
Crédit : Giphy
 
J’ai toujours été du genre à vivre à fond dans mon cerveau et très peu dans mon corps. Un peu comme si j’étais une tête ambulante. J'ai longtemps eu le feeling que mon corps m’appartenait, mais nous ne faisions pas un. Je me fâchais contre lui souvent. Pourquoi ne prenait-il pas l’apparence que je désirais malgré mes efforts? Pourquoi me faisait-il subir tant de douleur quand un quelconque problème de santé me tombait dessus? Bref, mon corps me faisait chier, mais j’étais prise avec.
 
Je travaille à reconnecter avec mon ressenti physique depuis quelques années, mais depuis mon opération, depuis que je n'ai plus d’horaire, depuis que les quelques deadlines que j’ai sont lointaines et flexibles, les choses ont changé. J’ai tellement de temps devant moi que je finis souvent par me poser des questions du genre « Comment je me sens aujourd’hui? », « Est-ce que j’ai mal quelque part? », « Comment est-ce que je pourrais soulager mes douleurs? », « Comment est-ce que je pourrais prendre soin de moi, à l’extérieur et à l’intérieur? ».

Au début ça faisait bizarre, et j’avais quand même envie de FAIRE FAIRE FAIRE malgré ma faiblesse physique. Mais en quelques semaines, mon cerveau a pris le rythme slo-mo de ma vie. Pis ça lui a permis d’être un peu plus à l’écoute de ce que mon corps lui disait.