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Le début d’un temps nouveau

Crédit photo : Wikipedia
Le début d’un temps nouveau
Il s’est passé quelque chose lors des récentes élections municipales. Bien sûr, la victoire éclatante de Valérie Plante qui a défait le populaire et populiste maire sortant Denis Coderre. Mais plus encore, ce que représente cette victoire pour les femmes.
 
Parce qu’il y a la mairesse Plante à Montréal. Il y a aussi Saguenay qui a élu sa première mairesse, Josée Néron, qui a notamment défait l’ancien ministre Jean-Pierre Blackburn. Ce n’est pas rien. À Longueuil, les trois candidates qui pouvaient sérieusement aspirer à diriger la mairie étaient des femmes. Il y a aussi Julie Lemieux, élue à Très-Saint-Rédempteur en Montérégie, la première femme Trans à occuper un poste de mairesse au Canada et qui en plus, a réussi à défaire le maire sortant de la localité, ce qui est déjà un défi.
 
Le plafond de verre
On est loin de la parité, mais la place des femmes en politique, municipale du moins, progresse. Elles sont 205 à avoir été élues mairesses cette année, soit 15 de plus que lors de l’élection précédente. Chez les conseillères, ce sont 2 358 femmes qui représentent désormais leurs concitoyens, une hausse de 154 par rapport à 2013. Au total, le pourcentage d’élues est passé de 24,8 % à 32,3 %.
 
Il n’y a pas qu’une raison qui explique ces victoires. Il y a des enjeux locaux, la personnalité des candidat.e.s. Soulignons aussi l’effort de l’Union des municipalités du Québec pour inciter les femmes à s’intéresser à la politique municipale. Vraisemblablement, il y avait aussi un désir de changement, ce qui explique aussi en parti pourquoi tant de nouveaux élus ont défait des maires en poste depuis des années.
 
On ne peut toutefois pas faire abstraction du contexte féministe de 2017, à l’ère Trump, le #MoiAussi, la profonde écoeurite des boys club et des femmes d’être exclues des cercles décisionnels. Alors, à tous ces mononcles ceux qui sont tombés en bas de leur chaise de voir une femme confiante, souriante, positive, déterminée, préparée, remporter l’élection à Montréal, mais où étiez-vous pour ne pas avoir remarqué cette vague féministe qui, loin de s’essouffler, prend de l’ampleur? Ce qui est anormal, c’est que ça ait pris 375 ans pour voir une femme à la mairie. Ce qui est anormal, c'est qu'en 2017, ce soit exceptionnel de voir une métropole canadienne, ou n'importe quelle organisation traditionnellement dirigée par un homme, l'être par une femme.

Qui sait, « si la tendance se maintient », en plus de se rapprocher de la parité, peut-être que la diversité deviendra aussi chose normale dans le paysage politique.