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Un appel de ma boss pendant une date au resto, non merci!

Crédit photo : hobo_018/iStock
Un appel de ma boss pendant une date au resto, non merci!
Je me souviens, il y a quelques années à peine, alors que le cellulaire faisait son entrée dans nos vies professionnelles en même temps que j’entrais sur le marché du travail, de nombreux débats ce sont tenus quant à son utilisation à la maison, à l’effet néfaste des courriels de bureau à la maison et tout le tralala.

Puis sont venus les horaires flexibles, le télé-travail, les postes de consultants … et les médias sociaux. C’est devenu facile de travailler en tout temps et de gérer son horaire et sa vie, de travailler même de la plage ou du chalet. Mais c’est aussi devenu facile de ne jamais arrêter de travailler.

Pour une millenial comme moi, qui se définit par autre chose que son travail, qui n'a clairement pas une perception similaire de l'argent que mes patrons plus âgés, qui accumule les jobines comme certains accumulent les chandails ou les rouges à lèvres, ç’a été un gros coup de me rendre compte que je n’étais plus maître de ma vie. Que mes patrons, peu importe qui et où ils seraient, auraient cette emprise sur moi, puisque j’étais devenue accessible 24 h sur 24.

J’ai longtemps occupé un emploi à l'horaire stable où je proposais de parler à la secrétaire de mon service en cas d’urgence lorsque j’étais en dehors du bureau. Celle-ci me téléphonait sur mon cellulaire professionnel (ouvert de 9 h à 17 h uniquement), pour des urgences qui n’ont jamais correspondues à ma notion d’urgence. Aujourd’hui, je reçois des courriels, textos, Facebook Messenger, etc. pour des « urgences » du même genre à toutes les heures et, en parlant avec des collègues de TPL, la situation semble répandue.

Le problème, c’est d’abord les heures de travail, qui semblent s’être étendues jusqu’à équivaloir à toujours. Chacun.e travaille quand bon lui semble et les patron.ne.s envoient des trucs à faire à toute heure, sans quoi leur compagnie ne fonctionnerait pas, apparemment.

Le deuxième problème, c’est que ça prend maintenant un groupe Facebook pour tout. Tous les comités, partys, emplois, blogues, bénévolat, etc. dans lesquels je m’implique m’invitent à rejoindre leur groupe secret. Je comprends que Facebook est un excellent moyen de communication et que les groupes Facebook sont très bien conçus, mais vais-je réellement me créer un deuxième Facebook « professionnel » que je vais regarder uniquement quand j’ai envie de travailler, pour ensuite passer à côté d’une information importante concernant un formulaire à remplir avant demain?

Je n’ai pas écrit ce texte pour avoir vos solutions, mais surtout pour vous rassurer sur le fait que vous n’êtes pas seul.e.s à souffrir du poids de la performance 24 h par jour. Je l’ai écrit parce que je souhaite que celleux qui continuent d’écrire (ou même d'appeler) à des heures incessantes sur des médias personnels tels que Facebook et les textos comprennent que l'utilisation de ces outils, bien qu'utile, doit être limitée. Qu'iels attendent les heures de bureau ou communiquent via le courriel professionnel de cette personne s’iels doivent absolument transmettre l’information maintenant. Il en sera de notre choix d’activer les notifications professionnelles.

Sauf qu’un appel de ma boss pendant une date au resto, non merci!