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Le consentement et les studios d'entraînement

Crédit photo : pixabay/Pexels
Le consentement et les studios d'entraînement
Il y a de cela plus d’un an, pendant le traditionnel Savasannah qui clôt une séance de yoga, j’ai encore souvenir de la professeure qui indique qu’il se peut qu’elle appose des tensions avec ses mains pour nous aider dans notre relaxation et que si, pour une raison ou une autre, nous ne souhaitons pas être touché.e.s, nous n’avions qu’à placer une main sur notre ventre pour lui indiquer.

Je me rappelle trop bien de ce cours parce que c’est l’unique fois où ça m’est arrivé. C’est l’unique fois où un.e professeur.e a pris le temps d’aviser ses étudiant.e.s qu’il se pouvait qu’iel les touche et que c’était ok avec elles.eux avant de procéder. Je fréquente les studios de sport de trois à cinq fois par semaine depuis plusieurs années, toujours avec des entraînements dirigés. Du yoga aux entraînements par circuit, il y a toujours une posture ou un mouvement à replacer, une tension à appuyer sur mes épaules pour m’aider à mieux me replacer, etc.

Je l’apprécie grandement parce que je ne suis pas trop frileuse qu’on me touche. Par contre, je pense à quelqu’un qui, pour une raison ou une autre, n’aime pas se faire toucher, ou du moins, aime en être avisé.e avant, et je suis mal à l’aise pour elles.eux. Je me demande si tous.tes ces entraîneur.euse.s ne gagneraient pas à s’inspirer de ma professeure de yoga que je n’ai, malheureusement, jamais revue. La société n’en serait-elle pas mieux si un consentement était exigé en tout temps?

Récemment, j’ai été frappée de plein fouet par cette constatation alors qu’un massothérapeute était invité dans un cours de yoga VIP que je suivais. J’étais en pleine posture de détente et, sans en être avertie, j’ai reçu un massage. Et là, j’ai réalisé que quelque chose clochait. J’ai réalisé que quelque chose clochait parce que ça semblait tout à fait normal. Parce que personne ne semblait trouver anormal que les personnes qui assistent à ce cours reçoivent, sans l’avoir demandé explicitement, un massage.

J’ai hésité à citer cette situation, car elle a été faite dans l’intention de rendre les participant.e.s heureux.ses, comme dans la plupart des situations similaires. Par contre, je crois qu’en tant que société, nous avons à nous interroger sur l’impact de nos gestes quotidiens et à demander le consentement de la personne avant de la toucher, non seulement lors d’une relation intime, mais en tout temps, et ce, même dans un objectif professionnel.

Mon médecin m’avise avant même de prendre mon pouls, pourquoi mon entraîneur ne ferait pas de même?