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Je suis à la mode

Crédit photo : Thought Catalog/Unsplash
Je suis à la mode
Je suis une jeune femme de 21 ans. Je suis charcutière à temps plein et fan de Friends à temps partiel. J’écoute Safia Nolin sur mon iPod et chante du Céline Dion dans mon salon. J’ai mon t-shirt d’Ana Roy et mon poster de Pony. J’aime boire du vin nature le vendredi soir à la Buvette et boire un café au Pista le dimanche. J’ai des tattoos et des lunettes dans le style « Harry Potter branché ». Je suis lesbienne et je suis à la mode.

Parce que oui, être lesbienne, c’est à la mode. Du moins, c’est ce que j’ai entendu dire. Alors ouais, je suis à la mode.

Aux yeux de certains, mon homosexualité est à prendre avec le même sérieux que la mode des bucket hat en shaggy. Que de se dire « lesbienne » n’est qu’un accessoire de plus pour se sentir à sa place dans le Mile-End ou dans les soirées LGBT au Ping-Pong Club.

Parce que c’est tellement « trendy » faire son coming-out. Parce que c’est tellement « in » devoir expliquer à sa mère en larmes que ce n’est pas de sa faute, que mon orientation sexuelle ne signifie pas qu’elle a échoué dans son rôle de mère. Parce que c’est tellement à la mode de prier toute ton adolescence pour ne pas être gay, de se réveiller la nuit en panique parce que tu fantasmes sur ta coach de ski et de se répéter « Je veux pas que ça m’arrive. Je veux pas que ça m’arrive. »

Je suis à la mode.
Mon orientation sexuelle « marginale » n’est qu’une phase. C’est comme la mode des skinny jeans aux couleurs flash : « ça va passer ».

Je suis à la mode, alors excusez mon découragement de « lesbienne frustrée » quand vous me balancez vos discours de « mononcle macho ». De toute façon, « ça va passer ».

Je suis lesbienne, parce qu’être hétéro c’est trop « mainstream ».