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Ma lettre d'adulte au père Noël

Crédit photo : Pixabay
Ma lettre d'adulte au père Noël
Cher père Noël,

Chaque année depuis ma tendre enfance, je trépigne à l’idée de voir Noël approcher. Je commence secrètement mon décompte en octobre et je monte toujours le sapin au début du mois de novembre. Comme si je voulais étirer la magie le plus longtemps possible. Parce qu’au-delà des achats trop nombreux et de la cohue dans les magasins, au fond, Noël, c’est la magie! C’est retourner à l’enfance, quand notre plus gros stress était de choisir si nous allions faire notre dessin avec des crayons de bois ou des crayons de cire. C’est retourner à l’âge où l’on s’émerveillait devant le plus petit des confettis. 

Il y a un âge ou l’on « devient grand ». Et c’est du haut de notre grandeur qu’on perd trop souvent de vue les petites parcelles de bonheur qui faisaient notre joie enfant. La joie de prendre la main de notre mère, celle de faire des biscuits et de les décorer comme on en a envie, celle de voir la première neige tomber d’ouvrir les yeux plus grands que jamais.

Père Noël, on attribue souvent à ta fête bien des défauts. La recherche du cadeau parfait pour tout un chacun devient parfois un véritable casse-tête et la surconsommation en est un effet collatéral. Certains la vivent très mal, éloignés des leurs. Mais j’aime croire qu’on peut retrouver la formule magique pour faire briller leurs yeux à nouveau, ne serait-ce qu’un peu. On reproche aussi à la période des Fêtes de n’apporter qu’un apaisement temporaire aux gens qui souffrent. Que les enfants qui ne mangent pas à leur faim ont droit, à Noël, à un sursis qui disparaît aussitôt le quotidien revenu.

Pourquoi alors, ne pas intégrer davantage de Noël dans nos vies? Pourquoi ne pas faire de cette pensée de partage, de générosité et d’empathie le refrain quotidien de nos journées? Je crois sincèrement que si nous rêvions davantage comme nous nous permettons de le faire à Noël, le monde serait bien plus léger. Et c'est pour cette raison que j'aime tant Noël!

Sans doute, aussi, avons-nous perdu de vue la vraie raison de la fête. Les traditions ne sont plus ce qu’elles étaient. Du temps de nos grands-parents, on offrait des fruits à Noël. Ce n’était au fond qu’un prétexte pour se retrouver en famille, retrouver nos amis qu’on ne voit pas souvent, et passer du bon temps. Ce n’était pas l’occasion de mettre notre plus beau outfit sur Instagram ou de montrer nos décors parfaits sur les réseaux sociaux.

C’est la magie enfantine qui m’envahit lorsque le mercure commence à descendre à l’automne. Je n’ai pas particulièrement hâte de me perdre dans les boutiques à la recherche du bijou parfait pour une et du livre parfait pour l’autre. J’ai simplement hâte de retrouver tous ceux que j’aime autour d’un bon repas que nous aurons pris le temps de préparer à plusieurs, sans nous mettre la pression de la perfection.

Je sais que Noël ne ramène pas de bons souvenirs à tous. Je sais aussi que, pour certains, Noël est plutôt traumatique. Père Noël, aidons-les au moins à retrouver leur cœur d’enfant. Parce que la magie peut opérer même dans les cœurs les plus chagrinés.

Cette magie-là, je veux l’étirer aussi longtemps que possible pour mettre un baume sur les angoisses et oublier, pour quelques semaines, le négatif qui pèse lourd, parfois, sur le quotidien. Laissons-nous porter par l’odeur des chandelles parfumées et aveuglons le réel avec les lumières qui scintillent dans le sapin.

Père Noël, distribuons ensemble cette magie. Qu’on en saupoudre les cœurs pour que Noël redevienne la fête du partage et de l’amour.

P.-S. On me souffle à l’oreille que tout ça, c’est très kitsch. Eh bien tant pis, j’aime mieux être kitsch que rabat-joie! 

P.-P.-S. Si jamais un job de lutin se libère, je crois que je serais pas pire bonne...

Merci père Noël,

Sévrine, 26 ans.