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Avril ou l'autisme dans ma vie

Crédit photo : Hans-Peter Gauster/Unsplash
Avril ou l'autisme dans ma vie
Avril c’est le mois de Pâques, du poisson d’avril, des températures de marde, mais aussi, c’est le Mois de l’autisme. Ainsi, vous avez probablement vu passer des pièces de casse-tête bleues, symbole de l’autisme, ou même entendu parler d’initiative en ce sens, comme la vente de T-shirt pour la fondation de Véronique Cloutier.

Si je vous parle de ça, c’est surtout parce que l’autisme, ces derniers mois, ça prend de la place dans ma vie. En fait, ça en a toujours pris puisque mon grand frère est atteint du syndrome d’Asperger, une forme d’autisme.

Malgré tout, c’est la première année qu’avril me marque et me fait réfléchir autant. J’en parle souvent, mais je termine mes études en adaptation scolaire et j’ai eu la chance de faire un stage en autisme. Ainsi, depuis janvier, je côtoie au quotidien des enfants qui composent avec ce trouble.

On pourrait penser qu’une personne comme moi aurait une compréhension profonde et avisée de l'autisme. On pourrait croire également que je travaille avec des enfants autistes ou des enfants en difficulté en raison de mon histoire familiale. Eh bien, non. C’est seulement depuis mon stage que je comprends un peu mieux ce trouble, et encore, bien des aspects demeurent mystérieux à mes yeux.

Comment ça se fait qu’en ayant côtoyé de près une personne autiste je ne comprenne pas encore tout à fait ce que c’est? Comment ça se fait que je ne reconnaisse pas du tout mon frère parmi les élèves que je côtoie chaque jour? Parce que c’est ça, l’autisme. Au-delà des idées reçues et des stéréotypes, chaque personne autiste est unique et différente, et je ne dis pas ça dans le sens cliché du terme.

Je suis à l’aise auprès des élèves que j’ai appris à connaître et que j’ai fréquentés au quotidien. Pourtant, si l’on me parachutait dans un nouveau milieu, avec des enfants au même diagnostic, je serais déstabilisée et je devrais recommencer tout le travail à zéro. Parce que oui, la rigidité, les intérêts restreints, les difficultés de communication sont des traits communs, mais il n’y a pas de règles. Les personnes autistes qui présentent effectivement ces traits peuvent les vivre et les exprimer de manière totalement différente. Certains parlent sans arrêt, d’autres ne disent pas un mot, certains sont hypersensibles à tout et d’autres ont peu de sensations physiques.

Ce qui m’a le plus marquée de mon expérience, c’est de voir comment chaque geste ou comportement qui peut sembler étrange a une signification. Rien n’est hasardeux comme on pourrait le penser, et fréquemment, c’est tout simplement leur manière d’exprimer quelque chose, parce qu’ils n’ont pas les mêmes moyens que les personnes neurotypiques.

Enfin, tout ça pour dire que ça me tue de me faire demander chaque fois que je parle de mon frère s’il est hyper bon en math ou s’il a un super talent caché, parce que le visage que les gens ont de l’autisme c’est Rain Man. L’autisme au singulier n’existe pas.
 
Si ça vous intéresse, il y a de plus en plus d’œuvres qui peuvent nous permettre de comprendre un peu mieux l’autisme. Je recommande d’abord de visionner Le Voyage de Maria, une vidéo réalisée et dessinée par le père d’une adolescente autiste qui dépeint de manière très artistique l’univers de sa fille.
 
Je me rappelle aussi qu’au secondaire, nous avions lu Le bizarre incident du chien pendant la nuit de Mark Haddon, maintenant adapté en pièce de théâtre. Le narrateur de cette œuvre est autiste, ce qui permet une compréhension de l’intérieur du phénomène.

Voilà, j’espère que vous avez désormais quelques pièces de plus pour assembler le mystérieux casse-tête qu’est l’autisme!