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Le triangle toxique, un peu comme le triangle des Bermudes?

Crédit photo : helena_perez_garcia/VisualHunt
Le triangle toxique, un peu comme le triangle des Bermudes?
J’étais saoule, mais pas trop. Et puis, l’alcool ne pardonne rien de toute façon. J’ai décidé que je partais du bar où mes amis fêtaient parce que j’avais juste le goût d’être dans mes choses.
 
En disant bye à mes chums, il y en a un du gang qui m’a empoigné le bras très fort. Il disait que je ne pouvais pas partir comme ça, alors un autre de mes amis lui a demandé de me lâcher et a proposé de me raccompagner. 
 
Oh, oh…
 
Le triangle dramatique (quant à moi, le triangle toxique) se forme dans ce genre de situation où il y a une victime, un.e persécuteur.trice et un.e sauveur.se. C'est un modèle de relations interpersonnelles qui peut se présenter dans les relations amoureuses comme dans les relations amicales, professionnelles, etc.
Crédit : Triangle dramatique/Wikipédia
 
Le problème, c’est que ce triangle est un mode de communication avec autrui (ou une dépendance comme l’alcool, la drogue, etc.) qui relève de la manipulation, qu’elle soit consciente ou non. La manipulation sert généralement à amener quelqu'un à faire une action sans son accord grâce à un rapport de pouvoir (ici, le triangle).

Puis, pour compliquer la chose, ce n’est pas parce qu’on est victime un jour que nous n’occuperons jamais les autres rôles. Au contraire, la plupart du temps, dans ce genre de relation, on saute d’un rôle à l’autre.

Dans mon cas, le sauveur qui m'avait défendue ce soir-là est rapidement passé au rôle du persécuteur. Comme je suis une femme avec un pas pire caractère, je suis rapidement, moi aussi, passé au rôle du persécuteur. Il n'y a pas vraiment de raison pour laquelle nous sautions d'un rôle à l'autre ; c'est un jeu de pouvoir, tous les coups sont permis!
 
Tour à tour, nous prenions le rôle de la victime et du persécuteur. Ça se bâtissait autour du modèle de violences verbales subtilement adressées : il me disait que les autres filles étaient belles sans me le dire à moi, j’embrassais d’autres personnes, il revoyait son ex, etc.
 
Au point où j’étais rendue, je ne voulais jamais perdre. Je ne voulais jamais partir de cette relation dans une position que je voyais comme « faible ». Bien sûr, être victime, ce n’est pas être faible, mais j’avais accumulé tellement de rancune que je voulais finir en grand!
 

Crédit : Giphy

Dans cette relation triangulaire, jamais il n’y a de fin, jamais on ne peut partir en grand. Soit on pile sur son orgueil et on choisit de partir pour son bien-être, soit on n’en finit jamais. Le choix a l’air super simple : un fou dans une poche!
 
En vrai, ce n’est vraiment vraiment vraiiiiment pas simple de prendre le premier choix. Plein de fois, j’ai pensé que cette fois-ci je n’embarquerais plus jamais dans cette game (la plupart du temps après une victoire de persécutrice). Mais BAM! La vengeance est un plat qui se mange froid…
 
Bref, je suis toujours là. 
À savoir que le premier choix est le bon. 
Et à choisir le second.