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Bye bye maison!

Crédit photo : Josianne Thériault
Bye bye maison!
Juin 1992. Mes parents, mes trois sœurs et moi nous promenions à travers la ville de Québec pour trouver notre nouveau chez-nous. Mes parents avaient décidé que nous quittions nos Îles-de-la-Madeleine pour la grande ville pour que nous puissions voir au-delà de notre archipel adoré pour notre avenir.

Notre choix s’est porté sur une grande maison en briques grises. Une maison neuve, très carrée, déco mélamine en noir et blanc. Un canevas sans personnalité, dans un nouveau développement domiciliaire. Il n’y avait que trois maisons dans notre cul-de-sac à l’époque. Nous qui étions habitués aux grands espaces, la transition vers la banlieue a été un peu plus smooth avec tous ces terrains à vendre inoccupés.

Ce genre de déco, mais moins gomme balloune.
Crédit : Capture d'écran/ABC
 
Au fil des ans, la maison crowdée de ses six occupants a pris de la couleur. Elle est devenue le point de rendez-vous de la parenté des Îles en visite. Le lieu d'innombrables soirées avec des amis, de matchs de baskets improvisés dans la cour, d'après-midi dans la piscine. Je l’ai quittée « pour de bon » pour la première fois à 19 ans quand je suis partie pour l’université à Montréal. J’y revenais chaque week-end pendant un temps. Et puis, les visites se sont espacées.

J’y suis revenue temporairement pour d’autres études pendant un an. Je me suis ensuite promenée pendant quelques années, des Îles à la Saskatchewan, pour revenir à nouveau le temps de m’ajuster à mon nouvel emploi de l’époque. Ça a duré quatre ans et quatre emplois. Et puis, je suis partie « pour de bon », pour vrai cette fois. Sauf les week-ends, l’été, où la maison de banlieue, avec sa piscine hors terre et ses pommiers fleuris, devenait mon chalet, alors que mes parents eux passaient les vacances dans le leur aux Îles.

Au fur et à mesure que le nid se vidait, mes parents parlaient de vendre la maison devenue trop grande. Depuis au moins cinq ans, l’idée flottait, mais la menace semblait plus ou moins concrète comme elle était dans l’air depuis tellement longtemps. Jusqu’à ce que mon père m’annonce que c’était fait, qu’elle était vendue, comme ça, sans annonce ni pancarte, du jour au lendemain. 

On n’est pas une famille de « déménageux ». Nous avons eu deux maisons depuis que ma famille existe. Même si j’y vais moins souvent, même si je n’avais aucunement l’intention de retourner y vivre, perdre le nid familial remue des choses. C’est comme si la dynamique familiale changeait soudainement. C’est un autre signe que les parents vieillissent et nous aussi par le fait même. C’est tourner définitivement la page sur mes jeunes années.