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Je me sens bizarre socialement

Crédit photo : Alexis Brown/Unsplash
Je me sens bizarre socialement
Depuis que je suis toute petite, j’ai l’impression d’être bizarre socialement, un peu à part des autres. J’avais des ami.e.s quand j’étais jeune, mais bien souvent, je les invitais chez moi et après quelques heures, j’avais hâte qu’ils.elles partent. J’étais soulagée quand je pouvais retourner à mes affaires. J’aimais mes ami.e.s, c’est juste que j’endurais mal d’être avec du monde pendant aussi longtemps. À un certain moment, je n’en pouvais juste pu. Et je suis encore comme ça…
 
Au secondaire, je parlais à pas mal tout le monde et je me sacrais des standards de popularité. Sauf que je n’avais pas vraiment de gang d’ami.e.s. J’avais des ami.e.s éparpillés dans plusieurs groupes et je n’étais pas rejetée, mais souvent à l’écart. Un peu par choix, je dois l’avouer. Une gang c’était trop impliquant et envahissant pour moi. J’aimais le fait d’avoir des ami.e.s, mais être toujours avec le même monde m’étouffait. J’avais besoin de me retrouver seule et de faire mes petites affaires tranquillement. Encore une fois, je n'ai pas changé.
 
Même aujourd’hui, je dirais qu’il y a maximum deux personnes avec qui je peux dire que je suis à l’aise. À l’aise dans le sens que je ne ressens aucune pression ou aucun stress en leur présence. La plupart des gens, même mes ami.e.s, me rendent un minimum mal à l’aise parce que j’ai peur d’être awkward. J’ai peur d’être gossante aussi et j’évite donc de les contacter pour faire de quoi. J’aime souvent mieux faire des activités seule de toute façon. Ça m’évite de stresser avec l’organisation, d’avoir peur de paraître bizarre et de pouvoir faire ce que je veux quand j’en ai envie. Je me sens égoïste de penser ça, mais c’est juste que je suis étrangement très bien seule. Peut-être trop bien…
 
Quand j’ai des soirées et que je sais qu’il y aura des personnes que je ne connais pas, je suis un vrai paquet de nerfs. Je pose plein de questions afin de connaître qui sera présent.e et, un peu honteuse, il m’arrive d’être soulagée d’avoir une bonne excuse pour ne pas y aller. Le mieux pour moi sont les activités en un à un plutôt qu’en groupe. Je suis aussi vraiment sensible au bruit, donc les groupes, c'est souvent beaucoup plus difficile à gérer. Quand j’ai à assister à une soirée avec plusieurs personnes, j’aime mieux avoir la journée complète pour me préparer mentalement, de savoir qui sera là, à quelle heure je devrais arriver, etc. Ça me permet aussi d’être reposée et d’avoir l’énergie pour faire face à la situation.
 
Avec des inconnu.e.s ou en groupe, je me trouve souvent vraiment poche pour faire du small talk. Je ne comprends juste pas ce que je suis censée dire et j’ai l’impression de « faire semblant ». Je trouve ça plate comme type de conversation. Ça revient toujours aux mêmes sujets un peu vides… J’oublie souvent de poser des questions en retour aux personnes et je crée parfois des froids non intentionnels, mais super malaisants. Je peux ensuite ruminer et analyser de fond en comble ces froids pendant plusieurs jours.
 
Ce n’est pas comme si je n’aimais pas les gens, au contraire. J’aime discuter et en apprendre plus sur leurs intérêts, leur vécu, etc. C’est juste que les interactions sociales me tirent énormément de jus. Je m’efforce d’être totalement présente et attentive aux autres et ça fait en sorte que j’ai besoin de recharger les batteries plus souvent et plus longtemps. C’est aussi vraiment drainant de toujours avoir la sensation d’être bizarre, peu importe le groupe dans lequel je me retrouve. Comme si je n’avais ma place nulle part parmi les autres humains #LolPasLol. Je sais que d’autres personnes ont probablement ce sentiment, mais je trouve toujours qu’ils.elles ont l’air de mieux se débrouiller que moi.
 
J’ai quand même pas mal de connaissances dans mon cercle social malgré tout. Par contre, j’ai très peu d’ami.e.s proches. Si je suis honnête, j’avoue que ça ne m’intéresse pas non plus d’en avoir plus. Il est rare que je ne me tanne pas des gens si je passe trop de temps avec eux. Paradoxalement, par moment, la solitude prend trop de place dans ma vie et me fait plus de mal que de bien.