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5 idées reçues sur la révision linguistique

Crédit photo : Kaboompics/Pixabay
5 idées reçues sur la révision linguistique
Depuis quelques années déjà, je fais de la révision linguistique.

J'en ai fait pour des entreprises et des particuliers, dans le cadre de mon travail permanent comme de façon contractuelle, dans les domaines public et privé ; bref, dans plusieurs contextes distincts. Pourtant, les idées reçues qu'ont les gens relativement à la révision sont assez répandues et n'ont pas vraiment de barrières, malheureusement.

En voici 5 auxquelles j'ai été confrontée dans les 10 dernières années et que j'ai, je l'avoue, toujours du mal à saisir...
Via Giphy
1. Il faut juste être bon.ne en français.
Soyons franc.che.s, être bon en français est bien loin de suffire. Un.e réviseur.e est un.e professionnel.le qui a des méthodes de même que des outils de travail. Il.elle fait bien plus que corriger les erreurs d'orthographe et de grammaire dans un texte : il.elle s'assure également de la cohérence de celui-ci en travaillant au besoin sa syntaxe de même que l'arrimage de son contenu; il.elle s'attarde aussi aux anglicismes, aux impropriétés, aux barbarismes et aux pléonasmes; puis il.elle valide la ponctuation et la typographie.

2. Le.la réviseur.e change tout dans un texte.
Complètement faux! Le travail du.de la réviseur.e est de demeurer au plus près possible de la version initiale d'un texte. Il.elle ne modifie que ce qui constitue une erreur, à moins d'une demande explicite du client d'améliorer également sa rédaction. Pour ce faire, le.la réviseur.e utilise plusieurs outils (papier ou numériques, selon sa préférence) et vérifie toujours ce dont il.elle doute : par exemple, ce qui pourrait constituer un flottement dans l'usage, c'est-à-dire quand une règle ne fait pas l'unanimité entre les différentes références. 
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3. Lire un texte une fois suffit.
Demander à un.e réviseur.e de ne faire qu'une seule lecture d'une texte pour voir ce qui lui saute aux yeux, c'est totalement contre-nature! Par définition, le travail du.de la réviseur.e est d'approfondir sa correction pour qu'elle soit la plus exhaustive possible. En ce qui me concerne, je fais une première lecture pour dépouiller le texte de ses erreurs les plus flagrantes, je poursuis avec une seconde lecture très attentive qui touchera également au contenu afin d'aller plus loin dans ma correction et je termine par une dernière lecture pour valider les modifications que j'ai apportées. 

4. (Très lié au dernier point) 24 heures devraient permettre un travail de très bonne qualité.
Bon... Par où commencer?
Via Giphy
Vous savez, on ne peut pas tout avoir. Il faut faire des choix dans la vie. Je résume :
A) Rapide et de bonne qualité? Ce sera plus cher.
B) De bonne qualité et moins cher? Ce sera plus lent.
C) Rapide et pas cher? Il se peut que ce soit plus ou moins bien fait.
D) Rapide, pas cher et de bonne qualité? C'est NON!
L'humain a une capacité de concentration limitée et une vigileance en baisse selon certains facteurs, deux qualités dont le.la réviseur.e a pleinement besoin. Pour faire un travail optimal, il.elle doit donc disposer d'un temps raisonnable selon l'ampleur de la tâche qui lui est demandée. De mon côté, j'apprécie pouvoir espacer ma deuxième et ma troisième lectures de quelques heures, idéalement d'une journée, pour m'assurer d'avoir les idées les plus claires possible et donc de rendre un travail que je considère achevé.

5. La switch « travail » du réviseur.e est toujours à on
Tout comme le.la dentiste n'arrache pas de dents dans son salon et que l'esthéticien.ne n'épile pas de clients sur sa table de cuisine, le.la réviseur.e n'est pas toujours en mode "révision", même s'il.elle travaille parfois de la maison. Premièrement, il y a des périodes plus propices au travail et ces périodes varient selon chaque individu; deuxièmement, même en adorant son métier, personne n'a envie de le faire 24 heures sur 24 et tout le monde a besoin de dormir dans la vie. 
 
J'ajouterais également que la pratique de son métier se fait généralement contre rémunération et non de façon bénévole (même si on est ami.e.s). #JustSaying

Y a-t-il des idées reçues sur votre travail qui vous font dresser le poil sur les bras?