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Asexuelle : mon orientation sexuelle est encore trop taboue

Crédit photo : Madi Doell/Unsplash
Asexuelle : mon orientation sexuelle est encore trop taboue
On vit dans une société hypersexualisée. On voit, on entend, on parle de sexe tout le temps. Partout. Il y a du sexe à la télé, au cinéma, dans les paroles des chansons populaires, sur les panneaux publicitaires dans le métro et dans les conversations de comptoirs. Il y a du sexe partout.

Partout, sauf dans mon lit. Sauf dans mon esprit.

J'ai fait l'amour pour la première fois quand j'avais 17 ans, ce qui est pas mal l'âge moyen, il paraît. Comme beaucoup de monde, ce n'était pas une expérience particulièment galvanisante. Ça s'est fait dans le respect du consentement, mais je ne me souviens pas avoir eu particulièrement de fun. Je me rappelle que mes amies me disaient : « Tu vas voir, ça devient plus nice avec le temps! »

Alors, j'ai recommencé. Une fois. Deux fois. Dix fois. Mais de fois en fois, de relation sexuelles en relations sexuelles, ce n'est jamais devenu plus le fun pour moi. Pas de douleur, pas de dégoût, pas de gène. Juste pas l'envie. Pas le désir ardent dont mes copines me parlaient. 

Je ressens l'envie de me rapprocher émotionnellement de certaines personnes, de gars et de filles d'ailleurs, mais le contact physique n'est pas quelque chose qui entre en ligne de compte quand je suis en relation avec une personne que j'apprécie ou que j'aime. Au début, je me forçais à continuer de faire l'amour. Pensant ne pas encore avoir rencontré la bonne personne. Et puis, j'ai fini par me rendre à l'évidence : peu importe le partenaire ou le contexte, je n'aime pas le sexe.

Je pensais être la seule personne au monde à qui ça arrivait. Je ne me sentais pas normale. Quelle fille n'a pas envie de sexe? J'avais l'impression de passer à côté de la vie. 

Quand j'avais 23 ans, mon chum a même rompu avec moi parce que ma libido était inexistante. Et honnêtement, je le comprends. Il avait des besoins sexuels et je ne pouvais pas les combler. Il ne voulait pas que je me force pour lui faire plaisir, et moi je ne voulais pas le laisser en plan. 

Je vais bientôt avoir 30 ans, et j'ai envie d'assumer ce que les gens appellent « l'asexualité ». Ça me rassure de savoir que je ne suis pas toute seule là-dedans et que d'autres gens vivent ce genre de réalité.

Il sera temps qu'on en parle plus à nos jeunes. Si étant ado j'avais entendu parlé de cette orientation sexuelle (car c'en est une!!!), j'aurais sûrement moins souffert.