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Déménager à l’autre bout du monde, ou comment mettre ses amitiés à l’épreuve

Crédit photo : Court Prather/unsplash
Déménager à l’autre bout du monde, ou comment mettre ses amitiés à l’épreuve
J'ai déménagé à l’autre bout du monde (littéralement) il y a 2 ans et demi. Je suis venue dans mon pays d’accueil en passant que j’y vivrais pour possiblement le reste de ma vie. Mais voilà que je m’apprête à rentrer au Québec pour quelques années. Je suis donc sur le point de vivre la même situation, mais en sens inverse. Mes ami.e.s ont vécu un petit deuil au Québec quand je leur ai annoncé mon départ. Sans même le savoir, j’ai même fait des adieux à une amie qui a perdu la vie au printemps dernier… En ce moment, je me prépare à la séparation d’autres ami.e.s d’ici, que je ne sais quand je reverrai. Avec l'expérience, j'ai appris trois choses importantes que j'ai envie de vous partager.

La qualité vs la quantité

Personnellement, je trouve qu’il est essentiel de prendre du temps de qualité avec chacun de mes amis avant de partir d’un endroit que j’ai habité longtemps. Je ne suis pas fan des gros partys de départ parce qu’à la fin, on n’arrive qu’à parler très peu avec tout le monde. Pour moi, les rencontres prédépart sont une occasion de se dire qu’on s’apprécie, se remémorer des moments inoubliables et de profiter de la présence de personnes qui me sont chères dans un contexte de qualité. Partager une belle conversation autour d’un café ou passer une journée à la plage pour en discuter sont de bons exemples. Quand mon amie québécoise est décédée en mai, j'étais contente d'avoir eu l'opportunité de lui faire mes adieux en personne sans le savoir. Notre dernier café a été accompagné d'éclats de rires et de souvenirs de notre belle amitié, nous avions pu nous imprégrer de l'essence de l'autre et c'est un cadeau qui n'a pas de prix.

Laisser partir ceux qu’on aime

Il y a des amitiés qui ne survivront pas à la distance, malheureusement. J’ai appris avec ma propre expérience qu’il vaut mieux accepter la situation, même si ça fait mal sur le coup. Par exemple, j’ai quelques excellent.e.s ami.e.s qui n’ont pas vu l’urgence de se rencontrer malgré plusieurs propositions de ma part avant mon départ. Je ne suis pas prête à dire que c'est dans ces moments-là qu’on voit qui sont nos vrai.e.s ami.e.s… Je crois plutôt que c'est ainsi parce que les gens ne comprennent pas ce qu’impliquera l’absence prolongée. En tout cas au Chili, ce n'est pas tout le monde qui a le privilège économique de quitter son pays pour aussi longtemps. Les gens ne sont donc pas habitués et ne mesurent pas l'ampleur de ces séparations. Aussi, après aussi longtemps hors du Québec, certaines amitiés bien conservées au départ se sont un peu effritées, les messages se sont faits plus rares, les appels Skype aussi. Nos chemins se sont un peu séparés… Mais ça, même si on habite à quelques kilomètres, ça peut arriver!

Se retrouver comme si c’était hier

L’effritement des échanges avec certain.e.s ami.e.s ne signifie pas que l’amitié est perdue à tout jamais. J’ai d’excellents ami.e.s d’enfance que j’ai perdu de vue un certain temps parce que je suis partie vivre loin d’eux pour le Cégep. Par contre, chaque fois qu’on se retrouve, tant d’années après, c’est comme si c’était hier! C’est encore plus beau de voir que malgré le temps et la distance, on continue de se retrouver et d’avoir autant de choses en commun!

Bref, je pense que de partir ainsi est une occasion en or de réaliser la richesse des liens qui nous unissent avec les autres. Autrement, je ne sais pas si j’aurais réalisé ce grand privilège d’avoir conservé de si belles amitiés à travers le temps et l’absence prolongée.