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One night : j'aurais dû me protéger

Crédit photo : Ana Roy Illustrations/Instagram
One night : j'aurais dû me protéger
J’avais pris la décision, une semaine au paravent, d’arrêter la pilule contraceptive après 11 ans. N’ayant pas de relation stable, je trouvais que l’utilisation du condom comme contraceptif était plus sécuritaire et mieux adaptée à ma situation. En paix avec ce choix que je n’ai pas trouvé facile (changement d’habitudes, dérèglements hormonaux, etc.), j’ai traversé l’adaptation sensiblement bien. 

Puis, un samedi soir, alors que j’étais chez mes parents, un de mes amis m’a contactée pour savoir si je voulais aller passer la soirée chez lui. Vous savez, ce genre d’ « ami », où l’on sait pertinemment ce qui va se passer en allant passer un samedi soir avec lui. En arrivant, parle parle jase jase, une bière après l’autre... On décide d’aller faire un spa. Je n’entrerai pas dans les détails ici, mais ça s’est fait. J’en avais vraiment envie et je me suis laissée aller sans réfléchir et god knows, ça fait du bien de temps en temps de ne pas réfléchir, de s’écouter et se laisser aller par plaisir, particulièrement avec mon cerveau qui fait rarement ça.

Puis, est venu le lendemain, le mal de tête, et le « Qu’est-ce que j’ai fait » avec plein de mots d’église. Je ne regrettais pas en soi l’acte, dans le sens où j’ai vraiment eu du plaisir, j’ai passé une excellente soirée. Mais ça m’a frappée : la seule et unique chose qui m’a traversé l’esprit c’est « merde, on ne s’est pas protégés ». Je devais maintenant composer avec les conséquences de cette nuit.

Je me suis fait tout un procès, je me suis jugée, j’ai été fâchée, je me suis dit voyons donc qu’à 25 ans tu fais encore ça! Mais je me suis ensuite rapidement mise en mode solution. Je ne rentrerai pas dans des détails ennuyeux pour vous expliquer le pourquoi du comment, mais je savais que les chances que mon « ami » ait une maladie sexuellement transmissible (MST) étaient vraiment très minces. Néanmoins, j’allais faire des tests, parce que c’est important. Après ça, il fallait aussi penser à la deuxième potentielle conséquence de cet acte : le risque de tomber enceinte. Spontanément, j’ai pensé : « Je fais quoi? Je ne peux pas avoir d’enfant, je n’en veux pas (présentement), c’est irréel. S’en est donc suivi beaucoup d’anxiété. Je devais cracher le morceau à quelqu’un. Comme d’habitude, la première personne : ma maman. Après m’avoir fait des gros yeux de maman, elle m’a fait savoir que le choix m’appartenait, mais que je devais considérer la pilule du lendemain. 

C’est la décision que j’ai choisie ce soir-là, après une journée complète à n’avoir que ça en tête. Des émotions en montagnes russes, ne pas savoir, et finalement faire le choix le plus « sensé » selon ma situation. Juste le geste de prendre cette pilule, de l’avaler, a suscité beaucoup d’émotions en moi. Tellement de questions et de pensées m’ont traversé l’esprit. Je me suis trouvé poche d’en faire un plat, et finalement non, je me suis dit que mes émotions étaient valides.

Finalement, je n’ai pas attrapé de MST et je ne suis pas tombée enceinte. J’ai été chanceuse : mon ami était sain et j’ai le privilège de vivre dans un pays où il existe la pilule du lendemain et où ce genre de prise de risque peut être parfois (pas toujours malheureusement) sans conséquence. Reste que cette nuit m’a prouvé qu’un moment d’émerveillement ne vaut pas le risque pris ni toute l’anxiété et les pensées qui m’ont hantées après cette nuit-là.

Je ne vous apprends rien, se protéger c’est important. Je le savais moi aussi et j’ai pourtant occulté tout ça, juste pour une soirée d’insouciance. Je ne suis pas la seule à avoir fait ça une fois dans sa vie. Alors, j’espère que mon texte vous dissuadera de faire la même erreur que moi et que vous y penserez juste avant de passer à l’acte!