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La gentillesse est-elle une faiblesse?

Crédit photo : Sarah Cervantes/Unsplash
La gentillesse est-elle une faiblesse?
Parfois je suis convaincue que si j’étais différente, j’obtiendrais plus rapidement ce que je veux de la personne en face de moi en cas de désaccord ou de conflit. Ce que j’entends par différente, c’est agressive, irrespectueuse, colérique et aussi un peu plus grande (bien plus grande, en fait) et plus large d’épaules avec une voix rauque.

J’en prends pour preuve des échanges que j’ai pu avoir avec des voisins dont la musique faisait très régulièrement trembler les murs de la chambre de mon colocataire de 4 ans (also known as mon fils) en pleine nuit. Ou encore avec un propriétaire qui m’expliquait que personne à Montréal ne pouvait remplir une baignoire entière d’eau chaude (fine, donc no problemo avec le débit d’eau chaude de mon appartement...). J’ai eu bien plus d’impact et, accessoirement, obtenu gain de cause lorsque j’ai pété ma coche que lorsque j’ai manifesté mon mécontentement calmement. Le message passé est le même, il est juste exprimé différemment.

C’est très énervant, mais je pense que cela fait partie de la vie. Nous sommes tou.te.s uniques et cela implique que nous ayons chacun.e.s une façon bien à nous d’interpréter le monde qui nous entoure y compris les actions et réactions des autres. Le tout, c’est de trouver un canal pour établir une bonne communication et cela implique parfois d’agir à l’encontre de sa nature, ce qui n’est ni agréable ni évident.

Je ne suis pas totalement sortie de ma phase « sur la défensive » vis-à-vis des indélicat.e.s qui associent ma gentillesse à de la faiblesse – j’y travaille encore! Mais je travaille également fort pour développer des réflexes me permettant de m’imposer plus efficacement au lieu de blâmer les autres.

Ainsi quand l’attitude de quelqu’un me dérange, j’essaie de le dire sans détour même si cela peut créer un malaise. Car de toute façon, quand je prends trop sur moi, je finis généralement par péter ma coche et là, on tombe dans le GROS malaise difficile à cacher sous le tapis.

Ce n’est pas encore au point, puis cela ne le sera peut-être jamais, car ce n'est pas dans ma nature. Ainsi il m’arrive de respirer un bon coup puis de reprendre mon téléphone ou de retourner voir la personne pour lui reformuler différemment ce que j’ai sur le cœur et m’assurer ainsi que j’ai fait passer mon message. Cela me fait systématiquement un bien fou (yeah!).

Bref, pour m’imposer, j’ai décidé de rester fidèle à moi-même – gentille, respectueuse, calme (et petite) – mais de m’ajuster au besoin afin de trouver la « bonne fréquence » pour communiquer.