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5 questions que des jeunes m'ont posées sur les maladies mentales et la stigmatisation qui vient avec

J'ai eu la chance d'être invitée d'honneur pour la première édition montréalaise du Sommet Jeunes en tête de l'Association québécoise pour la réadaptation psychosociale. J'étais vraiment contente de faire une conférence sur le sujet auprès de personnes qui sont dans une tranche d'âge pas toujours facile. On m’a posé quelques questions auxquelles j'ai pas vraiment eu le temps de répondre, donc j'avais envie de profiter un peu de ma préparation pour partager des infos avec vous! 

Selon vous, que pourraient faire les jeunes (et les moins jeunes!) pour réduire la stigmatisation?
Pour réduire la stigmatisation, je pense que c’est important d’être à l’écoute des autres et de comprendre qu’une maladie mentale, c’est plus que juste de quoi dans sa tête. Même si une maladie mentale ne nous définit pas, ça teinte quand même sa vision de la vie et ses activités par après. Je considère que je suis un meilleur être humain depuis que je suis passée par le chemin que j’ai pris et c’est aussi important de faire comprendre qu’il y a une vie après le diagnostic.
Aussi, c’est important de ne pas diminuer le vécu des personnes qui souffrent et de ne pas en rire comme si de rien était. Il n’y a rien que je trouve plus dommageable que d’employer des mots comme « folle » pour décrire des comportements féminins ou « bipolaire » pour parler de la température parce que ça ramène une certaine caricature de la maladie.

Quand tu parles de ton histoire, quel message voudrais-tu faire passer?
Pour moi, aujourd’hui, c’est important que vous vous accrochiez au fait que ça va finir par aller mieux. Tout le monde vit des difficultés, mais vous avez le droit de ressentir ce que vous sentez en ce moment aussi. Vous avez le droit à votre version de la vie avec des moments où ça va mal, mais aussi des moments où ça va bien.
 
Comment étais-tu quand tu avais l’âge du public (école secondaire)?
Triste! Haha! Sans blague, on oublie souvent en tant qu’adulte comment c’est rough le secondaire et comment c’est une période qui est dure sur le corps, l’esprit et surtout la tête. Même si j’ai eu une adolescence vraiment moins le fun que dans les films, j’essaie toujours de me dire que je suis la somme de tout ça en tant qu’adulte maintenant. C’est sûr que j’aurai pris plus de temps pour apprendre des choses ou faire des affaires que j’aime au lieu d’aller mal, mais je suis consciente que maintenant, je suis la personne que je suis parce que j’ai vécu tout ça.

Pourquoi souhaites-tu leur faire part de ton histoire?
Je me fais un devoir de parler de ma maladie mentale et d’essayer de rendre le tout le plus normal possible parce que je sais que ça sauve des vies. Tout le monde a besoin d’aide, mais pas tout le monde va savoir comment aller chercher l’aide quand ça va mal. Si mes témoignages peuvent montrer la voie, bien je me dis que j’ai pas véçu tout ça pour rien.

As-tu ressenti de la stigmatisation à un moment dans ta vie?
Pour vrai, je travaille sur Internet, de la stigmatisation, j’en mange sur mes toasts! HAHA! Par contre, ce n’est pas parce que je me fais juger ou parce que je suis ouverte sur plein de sujets que je me laisse marcher sur les pieds. Dans vie, j’ai vraiment une personnalité forte, donc je me permets de dire mon point de vue et surtout de mettre mes limites. Si quelqu’un ne comprend pas que je dois prendre des médicaments ou que j’ai fait le choix de ne plus consommer d’alcool, bien au final, c’est moi qui vis dans mes souliers et je sais que c’est ma recette à moi pour aller bien, si ça pose problème à quelqu’un, j’ai un bon psy pour référence! Haha!