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Mon rétablissement de trouble alimentaire : quand la vie a bon goût

Récemment, j'ai eu un genre de déclic concernant mon trouble alimentaire : je n'en veux plus. Je suis tannée de dédier autant d'énergie à une maladie qui détruit ainsi mon corps sans pitié, qui m'empêche de vivre pleinement. 

Cela dit, j'ai décidé de dire un gros fuck you aux « voix » dans ma tête et j'ai augmenté mon apport alimentaire. Résultat : j'ai réalisé qu'au fond, la vie a bon goût! 

Voici donc une liste de 3 choses que j'ai redécouvertes et que je savoure avidement : 


1. Le plaisir de manger ce que l'on aime  

Lorsque je suis obnubilée par le trouble alimentaire, tout ce qui compte pour moi, ce sont les calories. Je choisis ce que je mange en fonction de la teneur en calories des aliments et ne porte plus du tout attention aux cravings et besoins naturels de mon corps. Ainsi, il n'est pas rare que je choisisse l'option la moins calorifique même si celle-ci ne me fait pas réellement envie. Or, depuis que je m'entête à ne pas me plier à cette règle stupide, je me fais véritablement plaisir et opte pour des aliments et des repas que j'adore et dont je me suis privée pendant bien trop longtemps. Cette semaine, j'ai mangé un bol de céréales Croque-Cannelle avec du lait de soya à la vanille et c'était tellement bon!

2. Aller au restaurant avec des ami.e.s

Contrairement aux périodes où mon trouble alimentaire prend plus de place, je suis récemment allée au restaurant avec des ami.e.s et ce, plus d'une fois! Je suis notamment allée souper au LOV, mon restaurant préféré ever. En refusant d'analyser le menu méticuleusement - je le connais déjà par coeur de toute manière -, j'ai pu profiter du moment et participer activement aux conversations. Oui, j'avais peut-être le ventre gonflé après mon repas (#RecoveryStruggles), mais ça importe si peu après tout! J'ai passé une magnifique soirée et c'est tellement plus important que tout ce dont la maladie peut me faire croire! 

3. Avoir de l'énergie

Je ne pense pas vous apprendre quoi que ce soit : restreindre ses apports alimentaires nous prive d'énergie. Ces calories, que la société et les médias démonisent tant, ne sont en fait qu'une unité énergétique permettant de quantifier l'énergie présente dans un aliment. Moins on mange de calories, moins on a d'énergie. Avec les années, mon corps s'est habitué à fonctionner sur de faibles réserves énergétiques et étant donné que la restriction s'est imposée graduellement, je n'avais pas noté de différence flagrante quant à mon niveau de vitalité. C'est donc il y a 2-3 semaines seulement que j'ai réalisé : j'ai tellement plus d'énergie! Je ne souhaite plus de m'évanouir en marchant tant je suis épuisée ni de retourner me coucher à peine 1 heure après m'être levée. Je peux bouger, marcher, danser, sauter, rire, gambader (oui oui, j'aime gambader) à ma guise. On dirait que je déborde d'énergie. Le matin (ou plutôt le midi), en me levant, je mets d'anciens hits musicaux et danse dessus en m'habillant. Je semble probablement un peu loufoque, mais j'embrasse cet état auquel j'étais incapable d'avoir accès en période de restriction! 

Bref, les aspects susmentionnés ne sont qu'une toute petite partie de ce que je redécouvre en mangeant plus adéquatement et en ne m'obligeant pas constamment à compenser pour les calories que j'ingère. Il y a en effet plusieurs autres avantages à ne pas laisser le trouble alimentaire envahir ma vie et je suis convaincue que je ne les ai même pas encore tous découverts! 

J'ai évidemment du pain sur la planche en thérapie (cette maladie n'existe pas pour rien, elle remplit une fonction bien précise), mais je suis prête à me mettre au boulot et à vaincre ces démons, surtout maintenant que je sais tout ce que j'ai à perdre si le trouble alimentaire reprend le dessus!