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Petite-Vallée, j’ai fait un pacte avec toi : jamais je ne me tuerai
Crédit: Petite-Vallée

Depuis trois ans, ma vie est une montagne russe. Le Goliath à la Ronde en réalité plus que virtuelle. J’ai vécu des choses pas pire trash. Toujours, ou presque, je continuais. Une tête a ses limites. Souvent, j’ai eu trop mal. À un moment donné, je me suis donné une bien triste permission. Celle de mourir si c’était trop souffrant, si j’étais au bout du bout de mon souffle. Une fois, j’ai presque mis mon plan à exécution, en vain. Depuis, c’est toujours resté mon ultime solution. Une genre de porte de sortie beaucoup trop dark pour la ligue. Avoir une porte de sortie, ça rendait le tout plus supportable.

Mon petit bout de chemin m’a conduit au Festival en Chanson de Petite-Vallée. Tout de suite en arrivant, j’ai compris que ce voyage allait être spécial. Le vent du large fouettait doucement mes cheveux. Ça sentait le bonheur. J’étais bien. Ça faisait longtemps.

Les paysages y sont aussi incroyablement doux. Il y a même une certaine beauté dans la pluie et son gris. C’est apaisant. Comme si toute la tension de la ville s’envolait de mes épaules.

J’ai découvert qu’à Petite-Vallée, les gens sont merveilleux. Humains, calmes et créatifs : ils m’ont vite fait sentir à ma place. Tout le monde s’entraide, si bien que lorsqu’il y a eu une panne d’électricité, tout le village a aidé le théâtre. Dumas a donné un spectacle de feu sur une piste de danse accoustique-olympique. À Petite-Vallée, le laid se transforme en beau. Il y avait de la magie dans l’air. J’ai fait des rencontres magiques. Autant la dame qui m’a liftée lorsque je marchais dans l’orage que les journalistes avec qui je vivais. Petite-Vallée semble briser les barrières entre les gens. Un soir, j’ai fait un feu avec Yann Perreau. Ironie, c’est sa musique que j’écoutais lorsque j’ai voulu mourir de trop près. C’est sa musique qui m’a un peu gardée en vie. Turns out que c’est aussi un formidable humain. Le rencontrer m’a aidée à me pardonner ce que j’avais failli faire.

Il devait être environ 2 heures du matin. Je suis allée marcher sur la grève toute seule. Même pas peur. J’ai regardé la mer noire. Il y avait du sel et des étoiles dans mes yeux. À ce moment, j’ai eu le déclic. Je n’avais plus envie de la mort comme porte de sortie. Petite-Vallée serait ma porte de sortie. Si, un jour, je n’en pouvais plus, je reviendrais prendre le vent du large. Je me construirai mon propre cocon dans ce village de création. J’aiderai, moi aussi, Alan Côté et son parfait festival.

J’ai décidé que la vie, ça pouvait être beau. Je me laissais cette porte ouverte. Une porte vers le beau vaut mieux qu’une porte vers la mort.


Petite-Vallée, t’es douce.

Petite-Vallée, toi et ton festival m’avez transformée, beaucoup plus que vous ne le pensez. Grâce à ton festival, ton vent et tes gens, je le sais maintenant. Il existe toujours une autre porte de sortie que la mort.

Chanter plus fort que la mort.

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