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Je ne me suis jamais permis d’aller chercher de l’aide
Crédit: Artush/Shutterstock

Aujourd’hui, je regarde ces cicatrices qui restent sur mon corps et je réalise que j’ai eu besoin d’aide. Je réalise que j’ai toujours eu peur de parler de mes soucis, peur de me faire dire que je me plains pour rien. Je me suis interdit de vivre ce que je ressentais, comme si je n'avais pas le droit d’avoir mal. Des années plus tard, je prends conscience des ressources qui s'offraient à moi, mais que je me suis refusées.
 
Durant mon secondaire, je souffrais beaucoup, intérieurement, et j’ai parfois tenté de me blesser pour donner une vie physique à cette douleur. J’ai essayé prendre le contrôle sur ce que je mangeais, parce que je pensais être la seule responsable de mon apparence. Je me suis assise tant de fois sur le seuil de ma fenêtre, dont j’avais préalablement retiré la moustiquaire, en me disant que je pourrais simplement « sacrer mon camp ».

Je n'allais pas bien.
 
Malgré ce flot d’émotions qui me traversait, j'arrivais toujours à me dire que mes problèmes n’étaient pas si graves et que d’autres souffraient plus que moi. Qu’aller voir un.e travailleur.se social.e, un.e psychologue ou une personne ressource, c’était prendre la place de quelqu’un qui en avait vraiment besoin. De toute façon, qu'est-ce que j'aurais à leur dire?
 
J’ai grandi avec ce mal et j’ai trouvé des personnes clés qui m’ont aidée à passer à travers ces moments difficiles, mais je n'ai jamais « osé » contacter un.e spécialiste. Je me raisonne encore aujourd'hui, en me disant qu’il faut que j’en revienne, que ces émotions n'ont plus leur place, que je ne devrais plus y penser.
 
Ça m'a suivie longtemps et ça a refait surface lorsque j'ai déménagé et que je me suis retrouvée seule avec mes démons. C’est à ce moment-là que j’ai été chercher un peu d’aide, car c'en était trop ; bien que cette démarche n'ait pas été un franc succès, ce fut tout de même un début.
 
Je ne m’auto-diagnostique pas, je n’ai pas les compétences pour le faire. Mais ce que je sais, c'est que la souffrance psychologique ne se quantifie pas. Nous avons tous le droit de ne pas bien aller et d’utiliser les ressources nécessaires. Il n'y a pas de « quand on se compare, on se console » dans ces situations, car chacun vit ses émotions à sa manière.
 
Il existe plein de ressources, mais il faut aller les chercher. J’ai eu beau espérer longtemps que la travailleuse sociale voie la détresse dans mes yeux en me croisant à la récréation, ce n’est jamais arrivé. Je ne l'ai rencontrée que quelques années plus tard, quand j’ai enfin pris un rendez-vous. Ce n'est pas si simple, je sais, mais nous avons tous le droit de demander de l'aide.

 

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