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Pas de psychopop : la santé mentale, c'est l'affaire de tout le monde après tout

Crédit photo : maxi2515/Instagram
Pas de psychopop : la santé mentale, c'est l'affaire de tout le monde après tout
La psychopop, ça mange quoi en hiver? La psychopop, c’est de la « pseudoscience » : ça reprend des concepts psychologiques sans aucune nuance et sans s’appuyer sur les avancées de la science. Ce n’est PAS de la vulgarisation. Pour avoir un esprit critique sur certains concepts psychologiques, pas besoin de lire des thèses doctorales et des articles scientifiques, mais il faut faire le ménage de toute l’information, parfois très abondante, qui nous est transmise.
 
Je pense que mon domaine d’études m’aide à faire la distinction entre la bullshit et la vulgarisation. Pas que ça prenne absolument un diplôme pour faire ça là, mais je me sens bien placée pour en parler. Dernièrement, j'ai lu le deuxième livre de TPL, Les filles sont-elles folles?, et je peux affirmer que ce n’est pas de la psychopop, parce qu’il s’agit de témoignages de personnes qui vivent réellement avec un trouble de santé mentale. Carolane et Josiane ont interviewé les auteures de TPL pour connaître leur expérience personnelle, et elles y racontent aussi la leur.

Elles n’affirment pas connaître la recette du bonheur, la recette pour s’en sortir, mais elles parlent sans gêne de leurs souffrances. Il n'y a pas de théorie ou de modèles conceptuels complexes, mais c'est justement écrit pour être accessible à tous et toutes. La santé mentale, c'est l'affaire de tout le monde après tout!
 
Plusieurs ouvrages peuvent donner des trucs « faciles » pour se sortir de la dépression, pour trouver le bonheur, ou ont des titres du genre « Apprendre à s’affirmer pour mieux vivre ». Ça, c’est de la psychopop! Je ne dis pas que ça ne peut aider personne, mais il faut faire attention avant de donner des remèdes miracles pour des troubles aussi complexes. Si j’ai appris quelque chose en psycho, c’est que la plupart du temps, la réponse c’est « Ça dépend! ». On parle d’êtres humains, il n'y a donc absolument rien de simple. Si les solutions se trouvaient sur 200 pages ou moins, dans un livre, les gens vivraient tous le parfait bonheur. Avec les statistiques sur la santé mentale au Québec, je ne pense pas que ce soit le cas…
 
Même si j’étudie en psycho, j’estime que j’ai encore tout à apprendre. La meilleure façon de le faire, je trouve, c’est d’ouvrir ses oreilles aux gens qui vivent des trucs pas faciles et qui ont le courage d’en parler. Je pourrais ouvrir une thèse, lire les critères diagnostiques, parcourir mes notes de cours (je le fais déjà), mais ça ne serait jamais aussi enrichissant que de lire le récit d’une des femmes magnifiques qui a choisi de se livrer dans le livre des jumelles pour que d’autres puissent se sentir compris.e.s.
 
Quand j’ai fait les démarches pour savoir si j’avais un TDA/H, le texte de Josiane, certains documentaires, comme TDA/H, mon amour, m'ont permis de mieux accepter mon diagnostic. Je n’ai pas ouvert mes livres d’université pour me comprendre. Lire des récits de personnes qui vivaient les mêmes difficultés que moi était pas mal plus parlant. Ça aide à voir qu’on n’est pas seul.e.s et ça rend légitime ce qu’on vit.

Je sais que ça va sonner quétaine, mais apprendre ça ne se fait pas juste avec la tête pis avec des concepts ben compliqués, ça se fait aussi avec le cœur!