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Choisir un.e intervenant.e, ça demande du temps!

Crédit photo : Cristian Newman/Unsplash
Choisir un.e intervenant.e, ça demande du temps!
Plusieurs personnes m’ont parlé d'expériences profondément désagréables avec des psychologues, médecins, nutritionnistes ou autres. Ça me désole chaque fois, parce que les ressources sont déjà limitées sans qu'il faille en plus faire tout un ménage de sélection. La majorité de leurs expériences désagréables semblaient être causée par un manque d’écoute de la part des intervenant.e.s.

« Il avait son idée, fait qu'il ne m’écoutait pas vraiment. »
« Je n'avais pas l'impression que ça l'intéressait, ce que j'avais à dire. »
 
Il y en a des bon.ne.s médecins et psychologues. Il ne faut pas généraliser, mais effectivement, comme ces professionnel.le.s sont des humains, il y en a des moins bon.ne.s que d'autres... Disons ça comme ça.
 
J’ai entendu parler d’un psychologue qui répondait carrément au téléphone pendant une séance ou encore d'une nutritionniste qui niait et remettait en question les problèmes digestifs d'une cliente, étant persuadée que celle-ci somatisait. J’ai moi-même entendu un médecin dire à un patient : « si vous ne respirez pas, vous allez mourir, Monsieur ». Attention, je ne dis pas que les médecins sont des insensibles. Il existe de très bon.ne.s médecins à l'écoute de leurs patient.e.s, sauf que le manque de compassion de celui-ci a fait grincer mes oreilles, mettons.
 
On va se le dire, les exemples que je donne montrent des intervenant.e.s à côté de la plaque solide. Premièrement, ils font preuve d’une empathie, disons... aussi évoluée qu'une patère! #LolPasLol Puis, soulignons aussi le fait qu'ils dépassent un peu le cadre de leur profession. Ce n’est pas parce que quelqu’un somatise qu’il ou elle a moins mal. Et en dehors de la somatisation, je peux me tromper, mais je doute qu’une nutritionniste soit en mesure de se positionner sur la nature des douleurs abdominales sans considérer une évaluation médicale appropriée. Ça me semble plutôt une opinion personnelle biaisée, basée sur fuck all. 

Crédit : Giphy

En tant que professionnel.le.s de la santé (physique et mentale), ils et elles doivent faire la différence entre un jugement clinique et leurs biais personnels. Il faut aussi savoir où s'arrête sa propre expertise et où commence celle des autres.

En psychologie, domaine que je connais mieux que la médecine (bien que j'aie des connaissances en soins infirmiers), le ou la thérapeute EST son outil de travail. En dehors du fait que des mauvais thérapeutes, ça existe, il reste primordial de bien magasiner son.sa thérapeute. Simplement et d'abord parce que nous sommes tous et toutes des humains, il se peut très bien que le fit entre le psychologue et le client ne soit pas bon.
 
Ce qui devient encore plus difficile avec la psychothérapie, c’est que le simple fait d’appeler pour prendre rendez-vous est un pas énorme. Je trouve que nous n’accordons pas assez d’importance à ce geste qui demande un grand courage. Prendre le téléphone pour demander de l’aide à un inconnu parce que ça ne va pas, c’est quelque chose!

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Après le fameux appel, il faut se présenter, faire connaissance avec cet.te inconnu.e et lui raconter son histoire personnelle. Après tout ça, il faut parfois constater que ça ne fonctionne pas et recommencer. Ça peut être l’approche thérapeutique qui ne convient pas à nos besoins ou parfois c’est le ou la thérapeute… Et c’est correct. C’est important de s’écouter et, au risque de me répéter, de bien magasiner.
 
Ça doit être décourageant et lassant à la longue de recommencer le processus. Surtout que lorsqu'une personne est à la recherche d’une aide psychologique, elle n’est pas nécessairement à son meilleur pour se retaper tout le processus again and again… Après plusieurs essais, la personne peut aussi bien se sentir responsable de ces échecs répétés pour trouver l'aide qui lui convienne. Si elle ne connaît pas les rouages de notre système de santé un peu trop complexe à déchiffrer, c'est encore pire.

Je trouve qu’il est important que les gens ne se limitent pas à un.e seul.e intervenant.e quand ils ou elles font face à de tels « personnages ». Il est certain que chaque profession possède son expertise et c'est parfois difficile de s'y retrouver, ce qui ajoute au défi du ou de la client.e. Sauf que peu importe l'accumulation de connaissances que nous pouvons avoir en tant que professionnel.le de la santé, personne ne détient la vérité infuse. Gandalf peut-être, mais pas nous. Alors, il devrait être permis – et je l'encourage – de faire appel à un deuxième avis en cas de doute.
 
Mettons une autre chose au clair : l’expérience et le nombre de diplômes ne forment pas la qualité d’un.e intervenant.e. Ce n'est pas parce que quelqu'un est médecin qu'il.elle peut dire quand s'arrêtera la vie d'une personne... Être médecin ne permet pas de voir dans l'avenir. Un papier encadré posé au mur dans un bureau ne protège pas contre les mauvaises interventions ou encore contre un mauvais fit.
 
J’aurais envie de dire à ceux ou celles qui cherchent de continuer à magasiner et de ne pas se décourager. Mais, je sais, c’est pas mal plus facile à dire qu’à faire! Surtout quand il est question d’aller ouvrir ses tripes en thérapie devant un.e énième inconnu.e. 

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